LA MARCHE DU VENDREDI 05 JUIN PROCHAIN OU LA SOMME DE TOUTES LES PEURS

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C’est ce vendredi 05 juin, prochain, que des organisations de la société civile représentées par la CMAS, FSD, et EMK, ont décidé de battre le pavé, sur le boulevard de l’indépendance, à Bamako Coura. Une conférence de presse, organisée à propos le 30 mai dernier, avait éclairé la lanterne de l’opinion quant aux raisons de cette marche qui cristallise déjà toutes les peurs, au sein des populations.

C’est bien ce vendredi 05 juin 2020, jusqu’à preuve du contraire, que certaines organisations de la société civile ont décidé de marcher. Surnommée la Troïka cette coalition est constituée de la CMAS (Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de Mahmoud DICKO), du FSD (Front pour la Sauvegarde de la Démocratie) et EMK (Mouvement Espoir Mali Koura).
Si les revendications des organisateurs de cette marche sont aussi nombreuses que variées, l’objectif, clairement affiché par eux, reste la démission du Président de la République, Son Excellence Ibrahim Boubacar KÉITA. Cette mobilisation qui risque fort de drainer bon nombre de personnes suscite déjà de nombreuses inquiétudes au sein de l’opinion. Les initiateurs évoquent déjà le chiffre monstre de plus d’un million de personnes. Il faut reconnaitre qu’une telle foule, si, elle parvenait à se rassembler s’avèrerait très difficile à canaliser.
Le risque de débordement est donc très imminent. En pareilles circonstances, il faut surtout craindre les dérapages de toutes sortes, du fait des pilleurs, des saboteurs. Faudra également tenir compte de la présence d’éventuels frustrés qui pourraient se confondre à la masse, rien que pour expier leur amertume sur les lieux.
Par ailleurs, si les partisans à la démission de l’actuel Chef de l’État sont nombreux et déterminés, parallèlement à eux, la formation d’autres groupes opposés au départ d’IBK, se précise déjà sur les réseaux sociaux. En plus, ces derniers, à les entendre, feraient bloc aux marcheurs hostiles au maintien du chef de l’Exécutif au pouvoir. Ce scénario, s’il venait à se concrétiser, donnerait lieu à un affrontement direct, sans précédent, entre manifestants.
La formation tripartite, CMAS, FSD, EMK, pourrait donc se heurter frontalement à d’autres citoyens ayant un agenda bien différent du leur. Il est évident que cette marche intervient à un moment où les populations sont durement éprouvées par certains évènements dont la crise après les résultats définitifs des législatives, les délestages intempestifs d’eau et d’électricité, les dures conditions de vie engendrées par la COVID 19, pour ne citer que ceux-là. Quitte à jeter de l’huile sur le feu.
D’ailleurs les manifestations violentes, de protestation contre le couvre-feu, réprimées parfois dans le sang en est une parfaite illustration. Il faut le dire sans risque de se tromper que la marche de demain redonnera du fil à retordre à nos forces de l’ordre et de sécurité qui auront la lourde responsabilité d’encadrer et sécuriser les protestataires. Cependant, attention à ne pas avoir la main leste comme ce fut récemment le cas des FORSAT à Sikasso dont les populations gardent encore le douloureux souvenir. Dans tous les cas, la moindre erreur demain pourrait nous être très fatale.
Souleymane KONATÉ/ Duniya kibaru.net

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