IBK ET SON GOUVERNEMENT SONT-ILS SINCÈRES DANS LA LUTTE CONTRE LE COVID 19 ?

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La pandémie du COVID 19 continue son ascension fulgurante, drainant, derrière elle, son cortège funèbre. Notre pays, le Mali, n’en est pas épargné. Cependant, l’attitude de nos autorités, face à ce mal planétaire, suscite de nombreuses interrogations et nourrit parfois les suspicions quant à leur duplicité dans la lutte contre le corona virus.

Le Mali est, aujourd’hui, en proie au COVID 19 avec, à ce jour, ses 216 cas déclarés positifs contre 13 décès. En dépit de ce bilan macabre, le Président de la République et son gouvernement, face à la pandémie, adoptent une attitude incomprise des maliens. En effet, le maintien, contre vents et marées, des élections législatives du premier tour, notamment, illustre explicitement cette situation. Lors du premier tour de ces élections pour désigner les élus de la nation, l’opinion malienne avait formellement exprimé son inquiétude quant aux risques imminents de contamination au virus mortel du COVID 19.
Pour contrecarrer les oppositions à la tenue de ces échéances électorales, les autorités avaient rassuré en brandissant toute une panoplie de mesures de sécurité sanitaire. Or, sur le terrain, le jour même des élections, la réalité fut tout autre. Aussi, il ne serait pas exagéré de dire que l’ascension vertigineuse du nombre de contaminés, au corona virus, est imputable au premier tour de ces élections législatives. Les conséquences sont aujourd’hui palpables si l’on se réfère à la récente note circulaire du Président de l’Assemblée Nationale, Issiaka SIDIBÉ, faisant état d’un certain nombre de députés, déclarés positifs au COVID-19, dont l’honorable Hady Niangadou. Cette situation était prévisible dans la mesure où bon nombre de ces élus avaient presque bravé toutes les règles de prévention de la pandémie à travers les bains de foule lors des campagnes.
Mais, loin d’avoir tiré les enseignements de cette situation, le Président de la République, comme pour enfoncer le clou, annonce, aux maliens, le maintien et la tenue du deuxième tour des législatives comptant pour ce dimanche 19 avril 2020. Cette dernière décision, de l’exécutif, a laissé plus d’un malien perplexe au sein des populations. Il faut noter qu’aux yeux de l’opinion, rien ne justifie le maintien de ce deuxième tour même si IBK se réfugie derrière les recommandations du Dialogue National Inclusif.
Il faut reconnaitre que depuis le début de cette crise sanitaire, ce gouvernement ne s’illustre qu’à travers des actes irresponsables aux issues fatales pour les populations. Pourtant, vu la gravité de la situation, des pays, tels que la Cote d’Ivoire, envisagent déjà le report des élections présidentielles chez eux. Cette duplicité de l’État malien tient au fait qu’en même que nos dirigeants prennent des mesures de sécurité sanitaire, ils campent également sur certaines positions propices à la propagation du virus. En d’autres termes, les actions de nos autorités, à l’encontre du COVID 19 se contredisent fortement de part et d’autres.
Aussi, cette attitude du gouvernement a assurément contribué à semer le doute et la confusion dans l’esprit des populations quant à la menace ou l’existence réelle de la pandémie du corona virus. D’ailleurs, le refus systématique de fermeture des mosquées s’avère être une des conséquences de l’entêtement et de l’incohérence du régime d’IBK dans sa lutte contre la maladie. En tout cas, par la faute de ce pouvoir, une bonne partie de l’opinion ne croit plus COVID – 19 et au pire des cas, crie au complot.
Une des preuves de l’incapacité ou de la négligence de nos autorités se justifie par le fait que, malgré la propagation du virus sur toute l’étendue du territoire, (Gao, Mopti, Kayes, Sikasso, Koutiala), l’État n’a encore rien entrepris en vue d’isoler Bamako, considéré comme l’épicentre de contamination, le plus prolifique, au COVID-19. En plus, à part le plan de riposte très flou contre la pandémie, récemment annoncé par le chef de l’État, les populations maliennes, à moitié confinées, n’ont encore reçu aucune aide de compensation à titre d’indemnisation, en ces moments particulièrement pénibles.
Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KÉITA ou Monsieur ‘’ S’en fout la mort’’ comme le dirait l’autre, déjà critiqué, aussi bien par la presse nationale qu’internationale, à propos de sa gestion calamiteuse de cette crise sanitaire, semble rester sourd à tout appel. Pour cause, ce sont encore des millions de maliens, sauf abstention, qui sont encore poussés entre les griffes de ce terrible virus, au cours de ce deuxième tour des législatives. Tout ceci, au nom d’intérêts partisans et inavoués. Cependant, cette surdité volontaire et fatale, du Chef de l’État, qui a déjà endeuillé bien de familles, nous donne, ici, envie de paraphraser la Bruyère, cet illustre écrivain français, en disant ceci : « IBK et son gouvernement rachèteraient volontiers, leur existence de l’extinction du Peuple malien. »
Dramane BERTHÉ/Duniyakibaru.net

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