RELATIONS DIPLOMATIQUES ENTRE LA FRANCE ET LE MALI : LE MINISTRE FRANÇAIS DES AFFAIRES ETRANGERES, JEAN-YVES LE DRIAN, SE MONTRE CONDESCENDANT ENVERS NOS AUTORITÉS DE LA TRANSITION POLITIQUE

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Depuis le coup d’État militaire contre l’ex-Président, Ibrahim Boubacar KÉITA, le pays n’avait reçu la visite officielle d’aucune autorité française. Ainsi, Jean-Yves Le DRIAN, ministre des affaires étrangères est à Bamako. Cependant, ce dernier, dans sa démarche, faudra-t-il le rappeler, s’est montré condescendant envers nos autorités de la transition politique.

C’est bien la première fois, depuis le coup d’État militaire, contre l’ancien Président de la République, IBK, qu’une autorité française se rende au Mali. C’est en effet, le chef de la diplomatie française, M. Jean-Yves Le DRIAN qui est à Bamako depuis quelques jours, pour y rencontrer les nouvelles autorités.
L’objectif de cette visite portera dit-on, assurément, sur les questions de paix et de sécurité au sahel et notamment la signature de certains contrats et accords. Seulement, dans la démarche du ministre français des affaires étrangères, l’insolite s’est produit. Contre toute attente, Jean-Yves Le DRIAN a d’abord rencontré, depuis hier, les groupes armés cosignataires des accords d’Alger dont le GATIA qui est un mouvement armé pro-gouvernemental et le MNLA, pour les rebelles Touaregs. Ce n’est qu’aujourd’hui que l’émissaire de la France aura une entrevue avec nos dirigeants de la transition politique.
Il faut dire que cette situation qui n’est pas passée inaperçue est tout simplement jugée inadmissible au sein de l’opinion nationale. Il est vrai que pour bon nombre d’observateurs, l’attitude du ministre français traduit purement et simplement de la condescendance envers nos autorités transitoires.
D’ailleurs, ce n’est même pas la première fois qu’une autorité française se montre désobligeante, dans ses rapports avec les nôtres. En effet, Emmanuel Macron lui-même, de visite chez nous à l’époque, était d’abord passé par Kidal, saluer les troupes de l’opération Serval avant de regagner Bamako, au temps du Président Ibrahim Boubacar KÉITA.
Notons que ce comportement de responsables ou dirigeants français dans les relations diplomatiques d’avec nos autorités est l’expression du complexe de supériorité que la France a toujours entretenu, dans ses rapports, avec les dirigeants des anciennes métropoles.
À l’inverse, un dirigeant africain, de surcroit issu d’une ancienne colonie, peut-il pousser l’audace à tel point de rencontrer des autorités secondaires en France avant les premiers responsables ?
Disons que si nos dirigeants acceptent passivement cette humiliation, cette situation suscite aujourd’hui de vives réactions et des voix commencent à s’élever, au sein des populations, pour la dénoncer. D’ailleurs, dans un contexte du Mali koura, dont elles sont à la fois garantes et précurseuses, les autorités maliennes de la transition auraient dû manifester leur désapprobation, envers cet affront, ou, devrions-nous dire, cette insolence caractérisée, de Jean-Yves Le DRIAN ?
L’effet d’une telle action aurait été de briser enfin et pour toujours ce cycle infernal de la condescendance qui empoisonne depuis longtemps les relations entre le vieux continent et la France. C’est une question de charisme et de leadership qui nécessite un courage politique au- delà de toute autre considération politicienne. Par cet acte hautement discourtois et à la fois prétentieux, c’est une nouvelle démonstration de force de la France à travers son ministre des affaires étrangères, Le DRIAN, comme pour nous rappeler le carcan de la colonisation.
Il est pourtant temps que cessent ces rapports de subordination si nous voulons vraiment mériter notre statut de peuples souverains. Pour cela, il va falloir une rupture totale avec ces habitudes avilissantes et exiger le respect en toute circonstance.

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Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru.net, Groupe Zénith Communication

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