MALAISES PROFONDS AU SEIN DE LA CMAS OU LES SIGNES PRÉCURSEURS DU DÉLUGE

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Depuis un certain temps, le Bateau de la Coordination des Mouvements et Associations Sympathisants de l’Imam Mamaoud DICKO tangue sérieusement. Cette situation est imputable aux dissensions internes profondes à ce mouvement et qui représente pourtant une sérieuse menace pour la stabilité de la CMAS. Face à cette scène de chaos imminent, des langues commencent à se délier au sein même du mouvement.

La CMAS s’est toujours hissée au rang des forces équilibristes de la balance sociale malienne. Constituée de fortes têtes, ce mouvement social aux relents politiques traversent en ce jour une zone de turbulence, à  entendre certains de ses membres fondateurs, à l’instar du Dr Laya Amadou GUINDO, Vice Coordinateur de la CMAS. Les raisons de cette crise interne qui plongent aujourd’hui la CMAS dans la tourmente ont été énumérées et diagnostiquées par ce très haut cadre de ce mouvement devenu célèbre au fil des joutes sociales. En effet, de l’avis de cette personnalité de première heure de la Coordination, le mal dont souffre la CMAS se justifie par trois raisons évidentes. 

Il s’agit pour Dr Laya, à propos de cette situation de crise, de trois faits majeurs dont la mise à l’écart des membres fondateurs, la mauvaise gouvernance du Coordinateur, et l’intégration d’arrivistes et opportunistes au sein du Mouvement. Par ailleurs, ce militant influent qui s’est exprimé à visage découvert, a tenu à rappeler les idées qui ont prévalu la création de la CMAS, à savoir, la mise en place d’un cadre pour l’Imam DICKO afin de continuer à accompagner la jeunesse malienne dans toutes ses composantes au delà du monde religieux, la création d’un cadre pour fédérer tous les clubs, les associations et les mouvements se réclamant officiellement de l’Imam et enfin trouver les moyens pour mieux faire la promotion des idéologies de l’Imam.

Cependant, notre interlocuteur, pour situer les responsabilités dans cette descente aux enfers programmée, fustigea le laxisme de la part des membres fondateurs, qui a consisté à ouvrir le cercle de la CMAS, exclusivement composé des jeunes de la ouma islamique auparavant, aux autres, sans aucun contrôle de moralité et sur la base de simples compromis, axés sur les élections législatives et communales. D’autre part, le sentiment d’appropriation de la CMAS par les populations y a engendré des adhésions  massives et anarchiques. 

À  tous ces malaises qui gangrènent en ce moment la Coordination, s’ajoutent, selon le vice-Coordinateur de la CMAS, les crises de leadership qui ont occasionné plusieurs défections prématurées de personnalités dans ses rangs. Il déplore au passage les agissements des militants qui se servent du mouvement pour se bâtir leur empire de réseaux. Aussi, l’un des faits majeurs à l’origine de la dislocation progressive de la CMAS, reste l’approche managériale du guide même de la CMAS. En effet, son approche, en la matière, axée sur la directive et l’autocratie a vite montré ses limites. La personnalisation de la CMAS par le fait du « prince » Coordinateur fut très désastreuse au plan interne. 

Il s’agit notamment de ses prises de position publique, les oukases, les engagements unilatéraux, les brimades et  bien d’autres forfaitures encore. 

Toujours dans le cadre de la dénonciation de la situation actuelle de la CMAS, Dr Laya indexe la lâcheté, le conformisme ou la naïveté dont certains intellectuels, au sein du Mouvement, ont fait preuve. D’où le retrait de valeureux militants, dont Bakary DANIOKO, Madani SANGARE, Badara Alou DEMBELE, Oumarou DIARRA, Ahmadou Ndounga MAIGA, Moussa KIMBIRI, le doyen KAMIAN. Et, face à ces retraits en cascade, notre interlocuteur s’indigna en ces termes : »De nos jours, la grande majorité des membres fondateurs sont partis.  C’est dire clairement que la chose est de fait dénaturée. » 

En tout cas, les griefs à l’endroit de la CMAS sont multiples selon ce cofondateur, aujourd’hui en désaccord flagrant avec la tournure actuelle des choses. En fait, en guise d’illustrations, l’homme reproche parfois aux membres du mouvement de recourir à  la justice comme mode de règlement des litiges, de consulter l’Imam DICKO pour les situations les plus banales, de la relégation au second plan des pères fondateurs au profit de militants fraîchement débarqués, et enfin du statut réel de la CMAS. 

De toute évidence, c’est un véritable réquisitoire qui est fait à cette coalition sociale de la part de Dr Laya Amadou GUINDO. Au regard de tant de dysfonctionnements, il est loisible de s’interroger sur l’avenir de ce vaste mouvement qui a su pourtant séduire les populations et inquiéter les autorités à  travers des mobilisations monstres. 

Il serait toutefois dommage que cette machine de contestation sociale puisse voler en éclat sous la pression de ses propres dissensions internes à un moment où les maliens commençaient à croire en la CMAS.

Souleymane KONATÉ / Duniya kibaru.net

1 COMMENTAIRE

  1. À l’image du Mali qui tangue sous le coup de crises de toutes sortes.

    Y’a lieu de se demander pourquoi la CMAS au devant de la scène ?

    Normal je dirais , puisqu’ ayant contribué à faire chuter un président , du fait de la carrure  »de son très respecté autorité morale ».

    Tout mouvement de contestation social traverse des moments de crise…
    La CMAS faiseuse et defaiseuse de roi après la chute D’IBK , fait face à des divergences d’opinion, d’intérêts suis je tentée de dire.

    Certains ayant pris le train en marche, .. d’autres n’y sont que pour la tête de l’imam…, Sans oublier la Flopée d’alimentaires.

    Surtout Avec le soupçon de visées religieuses intégristes – d’aucuns s’accordent à dire que l’imam aurait des intentions pour 2022, et que si cela s’avérait…le pays basculerait dans un régime islamique.-,

    la CMS semblerait être un des appendices de la crise.

    Le temps nous en dira plus.
    En attendant le MALI est à la croisée des chemins.

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