LE DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF : LE PARTI YELEMA FAIT DES PROPOSITIONS

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Le samedi 12 octobre 2019 à la maison de la presse de Bamako à 10h, en présence des hommes et femmes de presse, des militants et sympathisants, venus de tous les horizons, les responsables du parti YELEMA ont animé une conférence de presse au tour des points qu’ils défendront corps et âmes lors des assises du Dialogue National Inclusif sur toute l’étendue du territoire national.

Le dialogue national inclusif vu par le Parti YELEMA comme une condition sine qua non  pour une sortie de crise définitive pour le Mali, exhorte, en premier lieu, ses militants et sympathisants au Mali et ailleurs à y prendre part, et, en second lieu, lance un vibrant appel à tous les fils et toutes les filles du Mali à participer massivement aux différentes assises dudit dialogue car, pour lui, il sera l’occasion pour tous les maliens de parler, de discuter et même d’échanger, pour de bon, sur les causes, les problèmes qui ont entrainé le bateau Mali, depuis 2012, dans cette crise multidimensionnelle qui n’a que trop perduré. Pour les représentants de YELEMA, à l’image de Moussa MARA, le président du parti, l’honorable Bafotigui DIALLO, l’élu du parti à l’Assemblée Nationale, et Amadou KONÉ, le représentant du parti en commune I du district de Bamako, « de la discussion jaillit la lumière ».

Dans le souci de ne pas se présenter les bras vacants aux assises et conscient des enjeux du moment et de la pertinence de ce dialogue national inclusif, le Parti YELEMA a jugé très opportun d’élaborer une charte au  tour de six grandes thématiques qui, selon lui, sont les points saillants sur lesquels le dialogue doit véritablement se pencher.

Pour la thématique portant sur la paix et sécurité, au sujet de l’accord pour la paix, le Parti YELEMA propose : un franc débat au tour dudit accord en vue d’identifier éventuellement ses points négatifs afin de les mettre sur la table de la discussion, et faire ressortir ses points positifs qui doivent être mis en œuvre rapidement pour le bien être des maliens et, enfin organiser le dispositif pour l’améliorer. Au sujet de l’armée et de la défense, il propose de déménager l’état – major général à Mopti ; traquer la corruption au sein du système, auditer tous les contrats de plus 500 millions des trois dernières années et accélérer les sanctions ; réunir tous les officiers généraux et supérieurs et recueillir leurs opinions sur la direction des forces depuis l’état-major général jusqu’aux commandements de terrain, montrer ces personnes et les maintenir sur une durée d’au moins deux ans en leur laissant carte blanche pour agir sans aucune interférence politique ; promouvoir la bonne gestion et la transparence dans les achats et les approvisionnements des unités des audits périodiques de vérification. En ce qui concerne le sujet portant sur la justice et réconciliation, le YELEMA propose d’organiser les procès relatifs aux grands massacres (Aguelhoc, Kouloghon, Ogossagou, Sobaneda…), et de débattre de la loi d’entente nationale pour la corriger des insuffisances identifiées.

Pour la thématique deux (2) relative à la Politique et Institution, les militants de YELEMA présentent au sujet des Institutions : la suppression de la possibilité de dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président de la République ; la mise en place de la validation obligatoire par l’Assemblée des principales nominations gouvernementales et aux postes sensibles de l’État (Ministères régaliens, direction de sécurité, direction du trésor…) ; l’instauration de la possibilité de destitution de tous les responsables publics en cours de mandat (Président, chef d’institution, élus…) pour cause d’inefficacité, non-respect des promesses… À propos des partis politiques, il suggère : l’imposition de l’alternance à la tête des partis politiques ; l’imposition de la couverture du territoire et la participation aux élections sous peine de retrait du récépissé ; la décentralisation du versement du financement public et la liaison uniquement aux performances électorales ; le bannissement de la transhumance entre partis par l’annulation du mandat et l’interdiction de concourir à l’élection qui suit cette annulation de mandat, la dépolitisation de la haute administration publique. Par rapport au système électoral, il soumet : la mise en place d’une administration permanente de gestion des processus électoraux et de suivi des partis politiques, la finalisation du découpage électoral en le découplant de l’organisation territoriale ; la limitation du poids de l’argent dans le système électoral en procédant à la publication des ressources et des comptes de campagne, fixation de plafond de dépenses, audit et sanction des contrevenants, interdiction des cadeaux et autres activités similaires six mois avant les élections, adoption du scrutin mixte aux législatives ; l’encadrement de la candidature des sortants aux élections, la limitation de l’utilisation des moyens de l’État.

Parlant de la thématique trois (3) rattachée à la gouvernance, relativement à la corruption, il soumet : l’institutionnalisation du soutien aux lanceurs d’alerte en les rémunérant et les protégeant ; le doublement du budget de la justice, la suppression de la direction du conseil de la magistrature par le Président ; l’épuisement de tous les dossiers en instance au pôle économique dans un délai de deux ans et la publication chaque mois sur les instances, aussi rendre plus effectives les déclarations de patrimoine des responsables publics ; le bannissement à vie de toute responsabilité pour tout citoyen condamné pour infraction financière. Au titre des responsables publics, le Parti YELEMA propose que tous les responsables publics (maires, présidents de collectivités, directeurs…) doivent rendre des comptes de leurs actions, par des rencontres avec les usagers et les mandants une fois par trimestre. Par rapport aux services publics, il suggère l’évaluation de chaque service public par les usagers et prise en compte des résultats dans l’évaluation des directeurs et dans la notation des agents ainsi que l’évaluation de leur service. Se penchant sur le volet du découpage territorial, le YELEMA propose de : geler le processus actuel, engager une réflexion globale visant à réduire un niveau (cercle) et augmenter le nombre de région, dispositif plus efficient, soutenable et conforme à la pratique internationale.

Quant à la thématique quatre (4) relative au social, au sujet du dialogue social, il présente l’institutionnalisation d’une période dans l’année (juin) où l’État engagera des négociations avec l’ensemble des syndicats pour fixer les actions de la période suivante, les efforts financiers à fournir, à inscrire dans les prévisions budgétaires. Au titre des catégories sociales fragiles, il suggère la mise en place d’un dispositif national d’éducation des filles avec pour objectif d’atteindre le même niveau de fréquentation scolaire que les garçons d’ici cinq (5) ans.

Au chapitre de l’économie et de finances, thématique cinq (5), au titre de la gouvernance économique financière, les militants et sympathisants de YELEMA proposent de : auditionner les exonérations fiscales et annuler celles qui ne sont pas utiles, publier en permanence le point exact de toutes les exonérations, les bénéficiaires et les conditionnalités de leur obtention ; limiter fortement le recours aux emprunts à moyen terme pour faire face aux dépenses courantes, maintenir le déficit public dans la limite des 3% de la richesse nationale ; accroitre les ressources publiques pour situer le Mali parmi les 3 premiers pays en matière au sein de l’UEMOA au lieu de l’avant dernière place actuellement ; réduire le train de vie de l’État pour dégager au moins 30 milliards chaque année. Au sujet de l’inclusion de la diaspora, il soutient qu’on fasse place à la diaspora dans la gouvernance du pays en lui octroyant un quota de 25% dans tous les postes de responsabilité en commençant par le Gouvernement ; qu’on dégage 35 milliards pour financer la politique nationale des migrations ; qu’on rende pleinement fonctionnelle la maison des maliens de l’extérieur notamment le guichet unique de facilitation de leur insertion. Abordant la question des revenus des maliens, il suggère la généralisation de l’assurance maladie à l’ensemble de la population en l’adoptant à toutes les activités ; le doublement des moyens du régime de l’assistance aux plus pauvres ; l’allocation d’une bourse aux familles pauvres à l’exemple du Sénégal qui a ciblé 100 milles familles pauvres en prévoyant 360 mille FCFA pour elles soit 36 milliards de FCFA chaque année et améliorer de 20% le nombre chaque année, dispositif à gérer de manière transparente en associant les collectivités.

Abordant la thématique 6, intitulée culture, jeunesse et sport,  au sujet de la jeunesse et citoyenneté, le Parti YELEMA propose de renforcer l’enseignement civique dans tous les ordres d’enseignement pour que les jeunes connaissent et aiment le pays. Au titre du sport, il soutient l’instauration de la pratique sportive obligatoire de masse avec une mise en œuvre dans les collectivités locales. Concernant le volet de la culture, il suggère la systématisation des semaines culturelles annuelles de la jeunesse pour renforcer les liens entre les jeunes et avec la nation, l’institutionnalisation des biens et activités culturels dans l’organisation et le fonctionnement de l’État, généralisation du « consommer malien », le soutien aux artisans, la guerre contre la piraterie et le soutien aux producteurs. Relativement à la religion et au culte, il propose la formalisation de la laïcité à la malienne, aussi propose de donner un statut aux leaders religieux, mieux organiser et donner des moyens aux structures faitières, préciser les rapports entre l’État et la religion, la politique et la religion.

Par rapport à la mise en œuvre des résolutions du dialogue national inclusif, le Parti YELEMA au sujet de l’accord pour la paix suggère : l’identification des points d’amélioration et présentation de ces points au comité de suivi conformément à l’article 65 de l’accord ; la discussion et la finalisation du premier avenant à l’accord et engagement d’un plan d’action pour mettre totalement en œuvre l’accord revu dans un délai de deux ans. Concernant l’organe de suivi, il défend la mise en place par la plénière au niveau national d’une instance de suivi comprenant les facilitateurs et les organisateurs conformément à l’esprit de l’accord politique de gouvernance (art 8) courant novembre 2020 ; l’élaboration d’un plan d’action des principales résolutions du Dialogue à soumettre aux autorités nationales et engagement avec eux des discussions en vue de la mise en œuvre des recommandations courant décembre 2020 ; la présentation du processus électoral : relecture des textes (courant premier trimestre 2020), élections législatives (février 2020), referendum constitutionnel éventuel (avril 2020), élections communales partielles (juillet 2020), locales (septembre 2020), régionales (septembre 2020) et du district (septembre 2020). Au sujet de mesures politiques d’accompagnement, il propose la reprise par le Chef de l’État des initiatives engagées en février 2019 et l’accord avec le chef de fil de l’opposition sur le choix du Premier ministre et le cadrage du Gouvernement avant la fin de l’année 2019 ; la conclusion d’un nouvel accord politique de gouvernance sur cette base avant la fin de l’année 2019 ; la mise en place d’un Gouvernement d’union nationale avant le 15 janvier 2020, restreint à 25 membres, comprenant la majorité et l’opposition ainsi que de forces politiques significatives et composées de personnalités aux compétences incontestables pour chaque poste à pourvoir avec comme objectif la mise en œuvre des conclusions du dialogue sur une période de deux ans ; la déclaration de politique générale du Premier ministre sur base de ces convenances et engagement des activités gouvernementales avant la fin du mois de janvier 2020. En tout cas le Parti YELEMA a fait des propositions qualifiées par ceux-là qui croient fermement que le dialogue national « exclusif » au lieu d’inclusif est biaisé d’avant comme : « Le médecin après la mort ». De toutes les façons, vu les nombreux bras de fer auxquels il est buté depuis ses débuts, ce dialogue mérite d’être suivi de très près afin qu’il ne soit pas, vraiment, à l’origine d’une nouvelle crise au Mali.             

                                                                                                  Souleymane DIALLO

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