DES VICTIMES D’AMADOU AYA SANOGO ET DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME PRÊTS À SAISIR LA JUSTICE RÉGIONALE ET INTERNATIONALE

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Après plusieurs reports, sur une durée de 5 ans, le procès d’Amadou Aya Sanogo, dans l’affaire dite des bérets rouges, aura finalement connue une issue. La Cour d’appel a prononcé, lundi 15 mars, l’acquittement et ordonné par la même occasion, l’extinctinction de toutes les poursuites contre l’ex- putschiste et ses coaccusés. Seulement, cette décision de la Cour ne semble pas faire l’unanimité et des voix s’élèvent pour dénoncer et envisager le recours à une justice régionale et internationale.
Le sombre feuilleton politico-judiciaire, dans l’affaire dite des bérets rouges, impliquant Amadou Aya Sanogo et coaccusés, semble avoir connu son dernier épisode hier lundi. En effet, la Cour d’Appel de Bamako, dans sa décision, a prononcé l’acquittement et par la même occasion l’extinctinction de toutes les poursuites à l’encontre de l’ex – putschiste et de tous ceux poursuivis en même temps que lui.

Il faut rappeler que cette décision a été motivée en vertu d’une loi dite d’entente nationale qui amnestiait toutes les personnes impliquées dans l’enlèvement et l’assassinat des 21 bérets rouges restés fidèles au Président Amadou Toumani Touré à l’époque. D’ailleurs, ladite loi a résulté du dédommagement des ayant – droits des victimes de la junte dirigée par Amadou Aya Sanogo. Ainsi, les quatre points, ayant fait l’objet de réparation dans cet accord, ont porté sur la remise de villas, des enveloppes d’argent, des recrutements à des postes d’emploi pour des proches et la restitution des ossements de parents militaires ayant trouvé la mort dans ce drame.
Si du côté des avocats des accusés l’on s’estime soulagé du verdict rendu, force est de rappeler qu’en dépit de cet arrangement, certaines victimes dans cette affaire s’insurgent ouvertement contre cette décision qui décharge et libère Amadou Aya Sanogo et coaccusés. D’ailleurs, nombreuses d’entre elles, épaulées par des organisations de defense des droits de l’homme, dénoncent déjà une parodie de justice fondée sur l’impunité et n’excluent pas de recourir à la justice regionale et internationale.
Parmi ces voix discordantes, celle du président de la Commission 8Nationale des Droits de l’Homme(CNDH), Me Aguibou Bouaré qui est a exprimé sa déception en ces termes: »Nous avons un sentiment de déception au goût d’inachevé par rapport à l’exigence de justice et de lutte contre l’impunité. On a empêché la justice de fonctionner nous n’avons pas demandé de condamner ou d’acquitter X ou Y nous avons demandé à ce que la justice, la procédure aille à son terme; c’est cela la lutte contre l’impunité mais le fait d’invoquer une loi scélérate pour bloquer le processus de justice ça crée un précédent fâcheux, une jurisprudence malheureuse dans notre pays. Mais fort heureusement nous estimons que les voies de recours au plan régional et international subsistent. Donc, le temps de la justice et le temps d’un agenda politique ne sont pas les mêmes. »
En tout cas, ces différentes positions tranchées qui attestent d’un antagonisme certain relatif à cette affaire d’acquittement, risquent de replanter le décor et relancer les débats à un autre niveau. En effet, si d’une part, les avocats d’Amadou Aya Sanogo, sont renforcés par le sentiment que la partie civile a été délivrée de sa plainte du fait de l’accord de dédommagement, les victimes et autres défenseurs des droits de l’homme ne l’entendent pas de cette oreille, d’autre part et comptent surpasser les juridictions maliennes.
Un procès peut en cacher un autre. Ce n’est donc jamais fini.
Affaire à suivre !
KONATÉ / Duniya kibaru.net

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