CRISE POST-ÉLECTORALE EN CÔTE D’IVOIRE : LE PROJET UTOPIQUE DE L’OPPOSITION

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L’opposition ivoirienne avait non seulement boudé le scrutin présidentiel du 29 octobre dernier mais avait refusé de reconnaitre la victoire d’ADO. Engageant ainsi un bras de fer avec le pouvoir, BEDIÉ et ses compagnons de lutte avaient alors opté pour la désobéissance civile et comme pour enfoncer le clou, avaient mis en place un Comité National de Transition. Contre toute attente, cette même opposition, à travers BÉDIÉ, a annoncé l’abandon de leurs premières stratégies de combat pour formuler aujourd’hui d’autres propositions jugées inacceptables par le pouvoir de OUATTARA.

Pour BEDIÉ et l’opposition ivoirienne, plus question de désobéissance civile et l’abandon par la même occasion du fameux Comité National de Transition. En contrepartie à ce consensus, les opposants au pouvoir d’ADO ont formulé des propositions de sortie de crise que les autorités en place jugent inacceptables. En effet, il s’agit de l’organisation d’un dialogue national, encadré par la communauté internationale, la rédaction d’une constitution consensuelle et l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes, la libération de prisonniers politiques et le retour des exilés politiques.
Au regard de cette nouvelle stratégie de lutte, on serait tenté de dire que l’opposition ivoirienne n’y est pas allée de mains mortes. D’ailleurs, plusieurs cadres du RHDP étaient montés au créneau pour fustiger cette approche, de BEDIÉ et compagnie, qu’ils ont même traitée d’irresponsable.
Pour certains dignitaires du parti au pouvoir, il s’agit là d’une provocation flagrante doublée d’un refus manifeste d’aller au dialogue. Il faut dire que souscrire à ce plan de résolution de crise, de l’opposition, reviendrait à reprendre carrément les élections présidentielles et à céder à l’impunité en graciant tous ceux qui ont pourtant des démêlées avec la justice, pour avoir posé des actes répréhensibles. Selon le camp présidentiel, BEDIÉ et ses compagnons s’inscrivent toujours dans une logique de sédition et de contestation du pouvoir d’Alassane Dramane Ouattara.
Suite à ce revirement de situation, de la part de l’opposition et la réaction virulente du pouvoir, il est loisible de déduire que le torchon brûle sérieusement entre les deux parties. Mais, ironie du sort, il faut dire que c’est pourtant par ceux qui se revendiquent être les héritiers légitimes d’Houphouët Boigny que la paix se trouve aujourd’hui, plus que jamais, menacée en Côte d’Ivoire.
En attendant que les acteurs politiques reviennent à de meilleurs sentiments, les ivoiriens continuent de vivre, la peur au ventre, redoutant par-dessus tout, que le scénario macabre de 2010 ne se reproduise.
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru.net

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