CRISE POLITIQUE MALIENNE: LA COUR CONSTITUTIONNELLE NOMME ASSIMI GOITA À LA PRÉSIDENCE DE LA TRANSITION

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La démission de l’ex- président de la transition Bah Ndaw ainsi que celle de l’ex-premier ministre, Moctar Ouane, suite au coup de force qui les avait déchargés de leurs prérogatives respectives avait plongé le pays dans une crise politique grave. En effet, par cet acte, l’exécutif avait été dépossédé de deux de ses maillons essentiels, créant un blocage évident du fonctionnement régulier de toutes les institutions et administrations. C’est au regard du vide institutionnel qui prevalait que la Cour Constitutionnelle, dans un arrêt pris hier dans la soirée, a nommé le vice-président Assimi Goita, à la présidence de la transition.

Désormais, la transition politique en cours au Mali a un nouveau visage, et ce, depuis hier. En effet, le coup de force, opéré par l’ex-vice président de la transition, le Colonel Assimi Goita, qui avait évincé de leurs différentes prérogatives, Bah Ndaw, ex-president de la transition et son ex-premier ministre, Moctar Ouane, avait été consommé suite aux démissions rendues par ces deux ex-personnalités-clés du pouvoir de transition. Il va s’en dire que cette situation avait plongé le pays dans une crise à la fois politique et institutionnelle.
Face à cette réalité, les neuf sages de la Cour Constitutionnelle qui, en l’espèce, se devaient de prendre leur responsabilité afin de combler le vide institutionnel qui résidait, ont décidé de nommer, via un arrêt, l’auteur du coup de force lui-même, en l’occurrence, le Colonel Assimi Goita. Et, ce dernier, à qui revient le pouvoir de désigner un premier ministre, jeta son dévolu sur la personne du Docteur Choguel Kokala Maïga, figure de proue du M5-RFP, viscéralement hostile au pouvoir de transition.
De sources concordantes, cette nouvelle a entraîné des scènes de liesse au sein de ce mouvement à l’origine de la chute du defunt régime d’Ibrahim Boubacar KÉITA, le 18 août 2020. Cependant, déjà, des voix se sont élevées parmi la classe politique pour décrier ce choix. En effets, certains partis politiques s’offusquent du fait que cette décision relative à la désignation du premier ministre n’ait pas fait l’objet de concertations préalables avec tous acteurs concernés.
En tout cas, avec le remplacement aussi rapide que spectaculaire de ces deux anciennes têtes de l’exécutif, demises de leurs fonctions respectives, les plus hauts décideurs de ce pays ont, de façon latente, laissé entendre qu’ils souhaitaient régler ce problème à la malienne afin d’échapper à la vindicte de la communauté internationale.
D’ailleurs, à ce propos, tous les yeux sont désormais rivés vers la CEDEAO qui s’apprête à travers un sommet extraordinaire, à décider du sort du Mali pour ce qu’elle a qualifié de putsch dans un putsch.
Dans ces conditions, seule une union sacrée inter – malienne pourra parer à toute éventuelle sanction de quelque organisation, fut – elle, à l’endroit du Mali.
Souleymane KONATÉ / Duniya kibaru.net

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