AFFAIRE WAGNER: EMMANUEL MACRON RÉPOND À CHOGUEL ET REMET EN CAUSE LA LÉGITIMITÉ DU GOUVERNEMENT MALIEN

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BERLIN, GERMANY - JANUARY 10: French independent presidential candidate Emmanuel Macron speaks to students at Humboldt University on January 10, 2017 in Berlin, Germany. Macron, a former government minister and French Socialist, left the French Socialist Party (PS) and has since launched his own political initiative called "En Marche!". Macron was speaking on the future of French-German relations and the future of the European Union. (Photo by Sean Gallup/Getty Images)

L’affaire Wagner qui oppose depuis un certain temps Bamako à Paris prend une tournure inquiétante. En effet, le président français, Emmanuel Macron, a réagi violemment aux propos du premier ministre de la transition, Choguel Kokala maiga et remet en cause la légitimité du gouvernement malien.

L’affaire Wagner qui oppose depuis un certain temps Bamako à Paris connaît une nouvelle tournure. Pour cause, le Président français, Émmanuel Macron, hier, a violemment répondu aux propos du premier ministre Choguel Kokala Maïga, tenus à la récente Assemblée générale de l’ONU à New York. En effet, le premier ministre malien avait justifié lors de son intervention dans cette tribune, le choix du Mali de diversifier ses partenaires, dans la lutte contre le terrorisme par le fait que la force Barkhane avait abandonné le pays en plein vol.
Des propos qui ont choqué Émmanuel Macron qui a réagit en remettant en cause la légitimité de Choguel et par ricochet de tout le gouvernement qui, dit-il est issu de deux coups d’État. Il est allé jusqu’à qualifier les propos du premier ministre de honteux. Se montrant même très condescendant, arrogant et audacieux, Macron déclare ne rien attendre de l’actuel gouvernement malien. Par ailleurs, il soutient la pression de la CEDEAO contre les autorités de la transition d’organiser les élections dans le délai imparti. Le Président francais, profitant de son coup de gueule s’est ouvertement ingéré dans les affaires internes du Mali lorsqu’il a évoqué et dénoncé l’arrestation et l’incarcération de certains hommes politiques maliens actuellemnt impliqués dans des affaires de corruption. Cette allusion faite de sa part pourrait être interprétée comme une volonté manifeste de Macron, de semer la discorde entre maliens, en divisant la classe politique, à un moment où le pays a besoin de cohésion avec tous ses fils.
L’attitude de Macron est pourtant incompréhensible car pour rappeler le contexte, c’est la France elle-même qui avait déclaré la fin de l’opération Barkhane et cela avait sonné comme un aveu d’échec de l’avis de nombreux analystes politiques. Notons que ces déclarations dépourvues de toute courtoisie et causant entorse à la diplomatie, à l’égard du premier ministre, s’avèrent indignes d’un Chef d’État. À y voir de près, cette réaction du Président français est inacceptable et est de nature à amplifier la tension actuelle entre Bamako et Paris. Ses déclarations traduisent à suffisance tout le mépris suscité en lui par l’affaire Wagner.
Reste à savoir comment réagiront nos autorités après cette attaque frontale contre nos institutions de la part de Macron, à la fois frustré et paniqué d’avoir été démasqué puis désavoué dans sa fameuse lutte contre le terrorisme. Dans tous les cas, comme du berger à la bergère, le gouvernement se doit d’être ferme dans sa réplique pour marquer sa souveraineté à moins qu’il ne choisisse d’observer un silence éloquent traduisant:« Le chien aboie, la caravane passe.»

Souleymane KONATÉ / Duniya kibaru.net

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