UN NOUVEAU–NÉ AU SEIN DE LA FAMILLE LITTÉRAIRE MALIENNE : « L’AGONIE DU DESTIN », UN ROMAN AU-DÉLÀ DES FICTIONS

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Décidément, la culture malienne est en pleine éclosion à travers ses hommes de plume. En effet, ces derniers temps, les publications d’œuvres littéraires se succèdent les unes aux autres. Ce samedi 14 décembre 2019 à 16h00, c’est l’amphithéâtre de la bibliothèque nationale qui a servi de cadre pour le lancement officiel du premier livre d’Amadou Cissé, jeune romancier.

La littérature malienne est très prolifique en ce moment et les œuvres littéraires abondent de part et d’autre. Le tout nouveau – né est le roman d’Amadou CISSÉ, intitulé ‘‘ L’Agonie du Destin’’, une œuvre de deux cent soixante – trois pages, repartie en vingt chapitres. Dans cet ouvrage, l’auteur décrit avec une plume pathétique la période de crise dans le septentrion malien. Au cours de cette cérémonie, elles étaient nombreuses, ces personnes venues témoigner leur admiration et leur solidarité au novice mais très talentueux vingtenaire.
« Ce roman plonge le lecteur dans l’actualité que vit le nord du Mali, pris en étau, après la rébellion, par des fanatiques religieux. », note Dr Lamine Sandy, le préfacier du livre. Édité aux éditions Innov, Amadou Cissé, à travers ce roman, rend hommage à son intime ami Thierno SIDIBÉ, prématurément décédé. « Notre fils n’est pas mort, depuis son décès, vous nous avez montré qu’il est toujours là par vos actes », console la famille de Thierno.
S’agissant du profil de notre romancier, retenons qu’Amadou CISSÉ est natif de Goundam dans la région de Tombouctou et détenteur d’une Licence en Action Humanitaire de l’Institut National de Formation des Travailleurs Sociaux.
Après les différents discours, le modérateur de la cérémonie, Abdoulaye SOUMARÉ a présenté un résumé du roman à l’issue duquel il ressort que le livre narre la mésaventure amoureuse de deux jeunes couples. En effet, il s’agit d’une tragique histoire dont les héros, Aboubacar et Wandé, verront leurs destins brisés. Ils lutteront corps et âme contre hommes et traditions pour la survie de leur amour, jugé impossible, dans une société sur laquelle ils avaient une avance certaine.
L’histoire se passe dans un petit village du nom de Koïrakèna dans le nord du Mali, à mi-chemin, entre le Sahara et le Fleuve Niger. Jadis, ce village était très paisible et florissant. La richesse de ses diversités culturelles et ethniques faisait son plus grand charme. Mais hélas, tout ceci disparaitra sous le poids d’une rébellion que connaitra ce pays. Ainsi, Koïrakèna souffrira d’une guerre sans précédent, l’une des plus sanglantes et meurtrières de son histoire. À la fin, la guerre lui aura complètement volé son âme. Il n’en restera plus qu’un endroit hanté et sordide où rien ne siégeait, hormis la mort et la peur et qui par la suite, sombrera dans la misère.
L’un des temps forts de cette rencontre littéraire fut la prestation des élèves. Evidemment, ils sont venus de trois lycées différents pour rendre compte de la lecture qu’ils ont faite du livre. Celle des extraits à haute voix qui attestent de la brutalité, la misère et les mésaventures que l’on rencontre tout au long du récit. Le premier a fait part, au public, des méfaits de la crise : les tueries, les vols, les viols, le chômage, l’application de la charia et bien d’autres drames encore. Ensuite le thème du respect de la tradition et ses lois à travers les mariages arrangés qui brisent beaucoup d’amour a été évoqué. Le conflit intergénérationnel, l’appel du temps nouveau, l’ouverture au monde extérieur ont aussi été soulignés.

Dans un souci d’africaniser le français, le livre utilise un style qui rompt par endroits avec le français classique. Non pas par manque de maitrise de la langue de Molière mais par simple besoin de faire la promotion de nos langues nationales dont, notamment, le sonrhaï qui est beaucoup utilisé dans l’œuvre. L’écrivain considère le français comme un outil de travail que nous devons juste façonner et adapter.
Dans cette œuvre, le conflit intergénérationnel est abordé comme l’un des thèmes principaux qui a suscité un intérêt particulier, émaillé parfois de tension, dans la salle de conférence de la bibliothèque nationale. Effectivement, les nostalgiques du « colonialisme », adeptes du français d’outre-mer, avaient voulu transformer le lancement de ce livre en cours de grammaire. Mais la génération « macronienne » était bien armée pour désamorcer la bombe syntaxique. L’activité a pris fin par les dédicaces de l’auteur.
« Le lancement a été au-delà de toute apparence. », conclut Modibo I. KANFO, chef des organisateurs, président du JELMA (Les Jeunes Esprits de la Littérature Malienne), un mouvement littéraire qui opte pour la promotion de l’écriture et de la littérature malienne.
Lawalé Chaka

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