SANCTIONS CONTRE LE MALI : LA CEDEAO PERSISTE ET SIGNE MALGRÉ TOUT

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En dépit des avancées notables dans le processus de transition politique, notre pays reste toujours sous le coup des sanctions imposées par la CEDEAO. En effet, les Chefs d’État de l’organisation ouest-africaine signent et persistent dans leurs décisions. Leur intransigeance s’explique, selon eux, par la non satisfaction de certaines de leurs exigences, à savoir, la clarification des zones d’ombre au sein de la charte de transition et la situation des personnalités arrêtées avec l’ex-chef d’État et jusqu’à présent détenues.

Les sanctions à l’encontre du Mali sont, jusqu’à ce jour, maintenues. Et cela, en dépit des avancées significatives dans le processus de transition politique en cours. En effet, depuis cet embargo de la CEDEAO, la junte militaire autour du CNSP est à pied d’œuvre en vue d’obtenir la levée des restrictions subies par les maliens. Notons que les récents évènements, notamment, les investitures du Président et Vice-président de la transition, en plus de la récente nomination d’un premier ministre civil, en la personne de Moctar OUANE, avait suscité beaucoup d’espoir quant à la normalisation des relations entre notre pays et ses voisins de la sous-région. De l’avis du citoyen lambda malien, l’évolution actuelle de la situation aurait dû faire infléchir la position des chefs d’État de la CEDEAO et obtenir leur clémence. La déception, presque palpable, est donc à son comble en ce moment. Aussi, ce nouveau revers essuyé par nos autorités, dans leur énième tentative de soustraire le pays des sanctions, se justifie par la non satisfactions de certaines exigences. En effet, la CEDEAO, par l’entremise de son médiateur Goodluck JONATHAN, constate que la version officielle de la Charte de transition reste toujours un mystère aux yeux du grand public. Le peuple malien ne connait donc pas encore son contenu. Aussi, dans une partie de ce document qui va baliser la transition, il est dit qu’en cas de force majeure, le Vice- président de la transition pourrait remplacer le Président. Or, pour la CEDEAO, qui a toujours souhaité le retour rapide d’un civil au pouvoir, cette situation est inadmissible. C’est donc la charte de la transition qui est carrément remise en cause en certaines de ses dispositions et qu’il faudra expliciter. Au regard de ce qui se passe, cette condition semble non négociable car la CEDEAO ne concevra jamais qu’en l’espèce, la transition soit dirigée par un militaire de surcroît putschiste. D’autre part, ce que ces chefs d’État redoutent surtout, c’est le scénario dans lequel le Vice-président de la transition aurait beaucoup plus de prérogatives que le Président lui-même. Autrement dit, les dirigeants de la CEDEAO craignent que la fonction de Bah N’ DAW ne se résume qu’à honorer les chrysanthèmes à côté d’Assimi GOÏTA qui tiendrait véritablement les rênes de l’exécutif, en tant que militaire. C’est ce qui explique sans doute le fait que l’organisation sous régionale dit attendre de voir les premiers gestes des tout nouveaux dirigeants de la transition. Au-delà, certaines réticences, des Chefs d’État de cette institution, à lever l’embargo, portent d’une part sur la dissolution de la direction de la junte, qui n’est pas encore effective et d’autre part, la grande inconnue qui prévaut quant à la situation des personnalités arrêtées en même tant que l’ancien Chef d’État, Ibrahim Boubacar KÉITA, et, qui sont toujours maintenues à Kati. La CEDEAO souhaite que toutes ces personnes soient présentées devant la justice ou du moins relâchées. D’ailleurs sur ce point, le Procureur général de la Cour Suprême, au cours des investitures du Président et Vice- président de la transition, avait abordé dans le même sens. En effet, ce dernier avait publiquement demandé à Bah N’DAW, en tant que désormais garant de la justice, de tout mettre en œuvre afin que lesdites personnalités soient mises à la disposition des juges, s’il leur est reproché des choses ou de les libérer dans le cas contraire. Et, que, cette situation ne pouvait perdurer sous peine de parjure. Ce sont donc, en substance, toutes ces situations qui constituent les obstacles à la levée des sanctions que le Mali subit en ce moment. Est-ce à dire que nos autorités actuelles ont encore du pain sur la planche ? De toute évidence, face à la fermeté de la CEDEAO, les nouveaux dirigeants n’auront d’autres choix que de se plier aux conditions ainsi formulées, à un moment où l’embargo commence déjà à faire sentir ses premiers effets sur le quotidien des maliens. Alors que, tout l’intérêt pour la junte de faire volte-face, en cédant à la volonté de la CEDEAO, consisterait à abréger les souffrances des populations et d’éviter par la même occasion, à la longue, un éventuel soulèvement. Si pour le moment, l’exécutif transitoire en place, semble bénéficier de la compassion et du soutien total d’une bonne partie de la population, qu’il soit clair que cela ne les met pas, pour autant, à l’abri de tout désaveu car, comme le dit le dicton : « On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche ». Nos autorités gagneraient donc à aplanir au plus vite les divergences qui les opposent à la CEDEAO, pour une levée totale de l’embargo, avant que la situation n’empire et que la rue ne reprenne ses droits.
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru. net

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