RETOUR SUR LES TEMPS FORTS DE LA 1ERE ÉDITION DE LA TRIBUNE RECTORALE: UNE INNOVATION DE L’UNIVERSITÉ DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES DE BAMAKO (ULSHB)

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C’était le vendredi dernier, 18 juin 2021, au Centre Universitaire de Kabala, dans l’amphithéâtre de 500 places de l’ULSHB que cette toute première tribune rectorale s’est tenue. En effet, celle-ci est une première dans les Universités Maliennes. Elle a eu pour objectif de créer un espace de concertation, de dialogue et d’échanges au sein de la communauté universitaire en vue de booster les énergies et favoriser le progrès de l’université. Le programme de cette cérémonie novatrice de haut niveau était reparti en 10 points à savoir : les mots de bienvenue du Recteur, la présentation de l’état des formations par les doyens et directeurs des Instituts, le compte rendu du Conseil de l’Université, la remise de toges aux nouveaux Maîtres de Conférences, la remise d’ouvrages issus de la 1ère édition des subventions de recherche de l’ULSHB, la présentation du nouveau projet d’incubateur de l’ULSHB, l’état de la recherche scientifique, l’état des lieux de la gouvernance de l’ULSHB, les échanges et discussions ainsi que les mots de clôture du Recteur.
Dans ses mots de bienvenue, le Recteur de l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako (ULSHB), le Pr Idrissa Soïba TRAORE, a salué les membres des structures de formation et de recherches, les membres des laboratoires de recherche, les membres de l’administration tout en exprimant toute sa gratitude pour cette première édition qui a pour objectif d’amener l’Université vers la marche de l’excellence. C’est avec émotion qu’il sollicita une minute de silence à la mémoire des disparus. Pour justifier l’initiative de la TRIBUNE RECTORALE, le Recteur, Pr Idrissa Soïba TRAORE évoqua l’amer constat selon lequel, dans les Institutions d’Enseignement Supérieur et de Recherche, les crises naissent et s’enracinent à cause de plusieurs facteurs liés entre autres, au déficit d’informations, l’absence de dialogue, les malentendus, les incompréhensions mutuelles, etc. Ces maux apparaissent comme des goulots d’étranglement, qui, de par leur nature constituent des sources d’entrave des initiatives et de disfonctionnements ayant de sérieuses répercussions aux plans administratif et pédagogique. Pour le Pr, cette Tribune Rectorale representera à coup sûr un tremplin pour renforcer la collaboration entre acteurs à travers cette initiative. Au-delà de l’instrument que sera cette tribune rectorale, le Pr la hisse au rang de devoir en ces termes: « C’est un devoir et nous le faisons de nous-mêmes, par nous mêmes, pour nous-mêmes mais aussi pour l’éthique professionnelle qui doit nous caractériser. Dans notre service, à défaut d’atteindre l’efficacité, nous travaillons pour construire une dynamique efficiente ». Parlant de ses objectifs, l’interlocuteur du jour déclara:  » La TRIBUNE RECTORALE a pour objectifs d’informer les acteurs de l’ULSHB sur la vie de l’Institution; de favoriser le dialogue entre les acteurs de l’ULSHB; de recueillir des opinions importantes dans les débats pour une meilleure orientation. Nous voulons ainsi une Université des humanités, un pôle de savoir et de pratiques au service du développement socio-économique de Mali, de l’Afrique et du Monde tout court. » C’est par ces mots à la fois rassurants que fédérateurs que le Recteur déclara ouvert la cérémonie.
Quant au second point portant sur la présentation de l’état de la formation, deux Doyens et deux Directeurs se sont succédé a la tribune pour édifier l’auditoire. Il s’agit du Pr Modibo Ba KONE, Doyen de la Faculté des Sciences Humaines et de Sciences de l’Education (FSHSE) ; le Doyen de la Faculté des Lettres, langues et des Sciences du Langage (FLSL) Pr Mohamed MIKAILOU, du Directeur de l’Institut Confucius, Pr Belko OULOGUEM ; le Directeur de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT), Pr Oumar KAMARA. Si l’état de la formation est jugé satisfaisant dans ces structures, les Doyens et Directeurs abordent unanimement que la pandémie de la COVID-19 a retardé l’exécution des programmes de formation. À l’exception de la FLSL, l’année universitaire 2020-2021 a débuté dans toutes les structures.
Par ailleurs, chaque responsable dénonce le retard intenable dans les paiements des tâches liées aux examens et aux heures supplémentaires qui remonte pour certaines facultés jusqu’à l’année universitaire 2017-2018. Le manque de personnel administratif est également souligné en raison des difficultés d’accès à la cité universitaire de KABALA. Ces Doyens et Directeurs félicitent l’équipe RECTORALE de cette initiative, qui, pour eux, permettra de résoudre bon nombre de difficultés.
S’agissant du 3ème point relatif à la restitution du Conseil de l’Université en sa 9ème session ordinaire, il fut présenté par le Secrétaire Général du Rectorat, M Cheik Oumar TRAORE. Après avoir passé en revue les organes de l’Université, l’orateur fut une lecture de l’ordre du jour ainsi qu’une synthèse de cette 9ème session. Notons ici les grandes recommandations issues de cette session en 6 points à savoir : l’organisation d’un atelier de révision des programmes de formation, l’organisation de rencontre avec les responsables de programmes de formation et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, l’actualisation de l’étude technique pour la construction de locaux propres à l’IUT, la mise en œuvre des moyens pour poursuivre la production des diplômes des anciens étudiants de l’ex-FLASH, l’organisation de session de formation des agents de la scolarité, la clarification des besoins de formation et la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation.
À ces séries de présentation, s’en est suivi la remise officielle de toges aux enseignants- chercheurs de l’Université, élevés au grade de Maître de Conférences ; il s’agit de Sidy Lamine Bagayogo, Fatoumata KEITA, Mamadou DIA, Issa BARAZI, Aboubacar Sidiki COULIBALY, Belco OULOGUEM, Bréma Ely DICKO et M’Bégué KONE. Ces nouveaux récipiendaires intègrent désormais la classe des Maîtres de Rang A. Toujours dans le cadre des récompenses de la recherche, les lauréats de la subvention de recherche du RECTORAT vont bénéficier chacun d’un exemplaire des résultats des recherches publiées en numéro spécial dans la revue RECHERCHES AFRICAINES (Annales de l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako). Dans la poursuite des activités de recherche, les perspectives de la seconde Édition des subventions de recherches seront présentées par Dr Morikè DEMBELE, non moins membre de la coordination de la revue scientifique. Pour lui, les productions de la première édition ont été publiées en numéro spécial et que la seconde sera dans un ouvrage collectif. « L’appel a été lancé en septembre, et, en octobre, 15 propositions ont été reçues puis le financement est tombé en décembre. Deux symposium de présentation de ces papiers ont été faits », dit-il.
Selon Dr Morikè DEMBELE, l’appel à communication a permis de fédérer toutes les structures de l’université. Aussi, constat a été dressé que les enseignants de toutes les structures commencent à travailler ensemble.
Il a été rappelé que cet appel a permis de voir que tous les grades sont également représentés favorisant l’accompagnement des débutants, en encadrement scientifique et financier. Et, il termina son allocution par les précisions suivantes: « Si la première édition a été une édition d’expérience, la deuxième est une édition d’ajustement et sûrement la troisième sera une édition d’expertise ». Ce sont sur ces propos qu’il céda la parole au Dr Fatoumata KEITA qui exposa un nouveau projet, celui d’un incubateur pour développer l’écosystème entrepreneurial en partenariat avec l’Université de Michigan. En effet, ce programme vise non seulement à l’auto-employabilité des jeunes mais aussi à l’intégration de l’entrepreneuriat dans les programmes d’enseignement.
Quant à l’état de la recherche scientifique au sein de l’université, il fut présenté par le Vice-Recteur. Pour lui, la recherche avance à grands pas dans l’université. Il poursuivit que pour bien assurer sa continuité, l’université a eu à former les agents administratifs en techniques d’expression, le personnel d’appui en bureautique, les secrétaires principaux en Webschool. La formation de plusieurs membres de l’administration en rédaction administrative est en perspective. Il reconnut que, l’ULSHB encourage l’innovation et la recherche, et que cela se justifie par les journées scientifiques organisées et l’existence de trois (3) revues, celle des Langues et Littératures qui est à son 6ème numéro, des Recherches Africaines qui est à son 28ème numéro et la Revue Arabe. Aussi, l’Université dispose d’un Laboratoire pluridisciplinaires, LMI-MACOTER.
Enfin, l’état des lieux de la gouvernance de l’ULSHB sera abordé par le Recteur lui-même, le Pr Idrissa Soïba TRAORE. Il salua l’engagement collectif du corps professoral, du DECANAT et les membres du Rectorat ainsi que tous ses prédécesseurs qui ont abattu un travail colossal. Il souligna les raisons qui ont poussé le Rectorat à quitter les locaux de l’IPM où les charges étaient devenues insupportables. Il mentionna par ailleurs l’effort fournit par le Rectorat et l’équipe Décanale pour éponger les arriérés de paiements. Quant au volet formation, il affirma que l’encadrement pédagogique de formation et de recherche est animé par 237 enseignants dont 22 femmes. Le Pr ajouta que l’Université est fière de la mise en place des masters, une avancée dans la mise en place du LMD malgré les difficultés que rencontre la structure. L’ULSHB est aussi en relation avec l’USSGB et l’USJP sur le projet MACOTER. Et, c’est avec enthousiasme qu’il déclara: » Bientôt nous aurons notre école doctorale. D’ailleurs notre université est la première à valider les textes ». Sur le volet administration, le Recteur salua la tenue régulière du conseil d’administration. Il promet d’actualiser le site Internet de l’université et renforcer les partenariats pour l’informatisation de l’université. Quant à la question d’eau potable, elle est résolue avec le branchement à la SOMAGEP. S’agissant du ,développement des laboratoires de recherche, il promet que le Rectorat va se battre pour leur émergence. Il demanda d’ailleurs aux laboratoires de se constituer autour de projet collectif et coopératif et que bientôt verra jour les catalogues de l’université qui renseigneront tous les travaux des enseignants-chercheurs. En plus, un projet de formation dénommé ‘’Anglais pour tous les enseignants et personnels de l’université ‘’ est en cours. Il fit également un inventaire des achats d’oeuvres universitaires qui se chiffrent à 3900 ouvrages achetés dont 6 exemplaires de chaque publication des enseignants de l’université. Le début d’obtention de minibus pour le transport du personnel est aussi en cours. Certes, les difficultés de la Pandémie COVID-19 ont impacté négativement le paiement régulier des contractuels et occasionné le retard dans les programmes de formation, en dépit de cela, l’Université s’en sort bien.
La rubrique des échanges a surtout porté sur les recommandations et remerciements. DR Kawélé Togola, satisfait de comprendre combien cette tribune a permis d’élucider le fonctionnement de l’Université demanda au Recteur de trouver une solution pour faciliter le recrutement et l’inscription en thèse des meilleurs étudiants afin de préserver l’excellence. Des recommandations ont été faites pour rendre accessibles à temps les cartes d’étudiants et les diplômes. Sur ce, le Recteur apporta des éléments de réponses aux préoccupations et referma cette toute première édition.
En tout cas, cette tribune, la première pour une Université malienne contribuera à plus de transparence dans la gestion, à développer la confiance entre acteurs de l’université, à rendre plus performante l’université et à contribuer véritablement au développement de la recherche scientifique.
Cette initiative salutaire, empreinte d’excellence, mérite à plus d’un titre être pérennisée et dupliquée dans d’autres universités.
C’est ici le lieu de rendre un vivant hommage à tous ces acteurs de L’ULSHB qui font preuve de sacerdoce et de patriotisme, en dépit des obstacles majeurs, afin que l’excellence soit une réalité dans nos universités.
Amadou BAMBA / Duniyakibaru.net

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