L’UNTM EST-ELLE INSTRUMENTALISÉE PAR LES POLITICIENS CONTRE LA TRANSITION ?

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Décidément, rien ne semble plus aller entre la première centrale syndicale du Mali et les autorités de la transition. Même si hier vendredi 18 décembre 2020, elle a repris les négociations avec les autorités de la transition, le torchon semble sérieusement brûler entre les deux parties. En effet, l’UNTM qui vient d’observer une grève de cinq jours, avait pourtant décidé de suspendre toute négociation avec le pouvoir de Bah Ndaou, jusqu’à nouvel ordre, suite aux propos récemment tenus par ce dernier à Abidjan.

Les maliens ne sont pas encore sortis de l’auberge car la grogne sociale est plus que jamais dans sa phase d’amplification malgré cette courte période d’accalmie. L’UNTM qui vient d’observer une grève de cinq jours, a finalement repris hier les négociations, revenant ainsi sur sa décision de les suspendre, suite aux propos, récemment tenus par le Président Bah N’daou à Abidjan.

La centrale syndicale avait trouvé les déclarations du Président de la transition menaçantes et dénuées de courtoisie.
Seulement, il faut dire que l’attitude de l’UNTM, dans son ensemble, semble incomprise d’une bonne partie de l’opinion malienne. En effet, ils sont nombreux à penser que le moment est mal choisi pour les syndicalistes d’accentuer les mouvements de grève.

Nul n’est sans savoir que le pays traverse une phase critique de son histoire et que ce régime de transition est affecté à des missions bien spécifiques. En guise de rappel, les défis sécuritaire et sanitaire, la partition du pays, la corruption endémique et l’organisation d’élections libres et crédibles sont là des chantiers auxquels Bah N’DAOU et ses hommes devront faire faire face en un temps extrêmement limité.
C’est donc la vie de la patrie qui est en jeu.

Cependant, l’UNTM semble dans une logique de faire passer ses revendications avant les priorités du moment. D’où les incompréhensions du citoyen lambda qui assimile les actions du syndicat à l’expression de l’égocentrisme et même du mépris à l’égard du pays. Voilà pourquoi les propos de Bah N’DAOU, selon lesquels il est absurde de revendiquer à un moment pareil, ont été fort bien soutenus au sein de la population.

Il faut reconnaitre que dans ce bras de fer, l’UNTM perd en crédibilité et est même taxée d’être instrumentalisée par des politiciens frustrés, aigris de ne pas être au cœur des affaires dans cette transition. D’ailleurs, son secrétaire général, Yacouba KATILÉ, a récemment laissé entendre, sur les ondes d’une radio internationale, la probabilité pour l’UNTM de faire front commun, avec des partis politiques, contre le régime en place, en ces termes : « Et si éventuellement demain nous devons aller avec d’autres personnes parce que nous sommes sollicités, nous allons les accepter, on va faire un mouvement commun. »

On serait tenté d’accréditer la thèse de ceux qui pensent que par cette déclaration, la centrale syndicale dévoile enfin son agenda caché qui est de paralyser complètement le déroulement de la transition et de pousser Bah N’DAOU à la démission. En attendant, les maliens continuent de souffrir le martyr car en plus de la crise économique, vécue au quotidien, c’est encore un manque à gagner de cent cinquante à deux cent milliards de F CFA que le pays enregistrera, suite à ces actions de revendication, selon l’économiste malien Modibo Mao MACALOU.
Espérons que ces nouvelles discussions entamées déboucheront sur une issue favorable.

Les autorités de transition ne sont peut-être pas exemptes de reproches, mais force est de constater que certaines actions déjà entreprises sur le terrain, méritent qu’elles soient accompagnées et soutenues pour l’amour même de la patrie, loin des considérations partisanes.
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru.net

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