LE CNSP ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME : EN PLUS DE LA PRESSION DE LA CEDEAO, LA JUNTE MILITAIRE SUBIT CELLE DE L’UNION AFRICAINE

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Après son échec cuisant, au dernier sommet extraordinaire de la CEDEAO, à Accra au Ghana, le CNSP subit un nouveau revers. En effet, lors de sa visioconférence tenue le jeudi 17 septembre 2020, l’Union Africaine, à travers son Conseil de Paix et de Sécurité, a instruit au CNSP de désigner au plus vite un Président et un Premier ministre civils, sous peine d’une généralisation de l’embargo sur le Mali.

La participation de la junte militaire, au dernier sommet extraordinaire de la CEDEAO, à Accra au Ghana, dans le but d’obtenir la levée des sanctions qui pèsent sur le pays, se solda par un véritable fiasco. Rappelons que les tombeurs d’IBK n’avaient pas réussi à convaincre les Chefs d’État ouest africains. En plus, au cours d’une visioconférence qu’elle a tenu hier, l’Union Africaine, par le biais de son Conseil de Paix et de Sécurité, a accentué la pression sur la junte militaire. Lors de cette rencontre virtuelle, les dirigeants de l’UA ont réitéré leur demande de voir occuper les postes de Président et de premier ministre par des civils, sous peine de généralisation de l’embargo. Il faut dire que cet ultime, qui concorde avec celui de la CEDEAO, expire le mardi 22 septembre prochain.
Dans cette posture, visiblement inconfortable, les militaires du CNSP sont contraints à revoir leurs copies pour différentes raisons. L’une d’entre elles est le fait que les effets des premières sanctions de la CEDEAO se font déjà sentir au sein des populations, notamment les commerçants. Dans ces conditions, toute accentuation de celles-ci fera payer un lourd tribut aux maliens, qui, à la longue risquent de battre à nouveau le pavé car le Mali ne saurait amortir une telle situation. Il faudra par-dessus tout redouter une reprise de la grogne sociale dont les brasiers incandescents n’ont pas totalement achevé de consumer. Ce qui sera très préjudiciable au Colonel Hassimi GOÏTA et ses hommes.
Pour toutes ces raisons, capituler face aux exigences du tandem CEDEAO, UA, par la désignation de civils au pouvoir, dans le délai imparti, reste pour le CNSP l’option la plus raisonnable. Et, sans se voiler la face, les vivats, des sympathisants du coup de force contre IBK, à l’endroit des militaires, ne sauraient résister à une amplification des souffrances dues aux conditions de vie déjà suffisamment éprouvantes. Dans le contexte actuel, la junte militaire gagnerait à faire un repli stratégique, face à ces regroupements spontanés de supporters, qui, bien des fois, disposent d’agendas cachés, à la longue, fort compromettants.
Amadou BAMBA/Duniya kibaru.net

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