LA PROTECTION DES DONNÉES À CARACTÈRE PERSONNEL ET LES MÉDIAS : UNE INITIATIVE DE L’APDP EN PARTENARIAT AVEC APPEL MALI POUR UNE PRESSE AVERTIE ET PROFESSIONNELLE

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À l’occasion de la commémoration de la journée anniversaire du lancement de ses activités, L’ADPD, en partenariat avec APPEL Mali, initie une formation des journalistes sur la thématique de la protection des données à caractère personnel et les médias. La cérémonie s’est déroulée le mercredi 10 mars, à Bamako à l’hôtel Millénnium Kamissa, à partir de 09h 30.

L’Autorité de Protection des Données à caractère Personnel(ADPD), dans le cadre de la commémoration de la journée anniversaire du lancement de ses activités, en partenariat avec APPEL Mali, a invité la presse malienne. Le thème retenu au cours de cette cérémonie a porté sur la protection des données à caractère personnel.
C’est presque toute l’équipe de L’APDP qui s’était réunie au grand complet aux côtés du President de l’APPEL Mali, Modibo Fofana et de son Secretaire Général, Seybou Kéita. La cérémonie a débuté par le discours de son président, Oumarou Ag Ibrahim Haïdara, qui a posé une dialectique selon laquelle la loi fondamentale consacre la sacralité de la personne humaine, d’une part, et, le droit à la liberté d’expression d’autre part.
D’où le caractère délicat de la mission dont L’APDP est investie. En effet, à entendre son président, il s’agit en priorité pour cet organe de veiller à ce que la vie privée des individus ne souffre d’aucune atteinte tout en se gardant, par la même occasion, de constituer, pour la presse, un goulot d’étranglement.
Abordant dans le même sens, Gaoussou Drabo, chef du département de la communication , mettra en exergue la nécessité de l’existence de L’APDP du fait que les professionnels de la presse sont parfois débordés par des personnes qui n’appartiennent pas au monde des médias et dont les actions peuvent s’avérer nocives pour la vie privée individuelle.
Quant au Président d’APPEL Mali, Modibo Fofana, il n’a pas manqué de saluer l’initiative à sa juste valeur en témoignant toute sa reconnaissance pour ce partenariat qui se veut fécond. Profitant de cette tribune, il a mis en évidence la problématique du professionnalisme de la presse et, l’impérieuse nécessité d’en garantir la liberté. Toutefois, pour le Président D’APPEL Mali, l’idéal serait de parvenir à une presse responsable et professionnelle.
Il faut reconnaître que le thème au coeur des débats a rencontré un fort engouement des journalistes qui y ont manifesté un intérêt tout particulier à travers leurs différentes interventions.
Cette journée fut l’occasion d’établir une démarcation formelle entre le journalisme professionnel et le simple journalisme citoyen, à savoir les Bloggers, les éditeurs de contenus vidéos, les animateurs de pages sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. En la matière, le conférencier et formateur du jour, M. Arouna Kéita, s’est montré très incisif sur la question de la protection de la privée des individus. À propos, il insista sur l’obligation de formaliser et légaliser toute action s’incrivant dans le cadre du traitement de données à caractère personnel afin de ne pas se heurter à la rigueur de la loi. À titre d’illustration, l’installation anarchique des caméras de surveillance a été fortement dénoncée.
Cependant, il fit savoir les dérogations dont peuvent bénéficier les professionnels des médias qui, parfois, ne manquent pas de considérer la loi sur le délit de la presse comme étant liberticide. Pour le conférencier, loin de constituer une entrave pour les journalistes, L’APDP se pose en conciliateur entre le droit de protéger sa vie privée et celui de s’exprimer librement.
À l’issue de cette rencontre, des suggestions ont été faites pour améliorer le fonctionnement de l’APDP dans le but de l’adapter aux aspirations des acteurs concernés. Il s’agit par exemple de revoir la question des frais d’indemnisation des victimes d’atteinte à la vie privée qui vont directement au trésor public.
Par ailleurs, s’il a été unanimement reconnu que la presse demeure la sentinelle de la democratie, force est de l’outiller et lui concéder une plus grande marge de manoeuvre en dépit du principe indubitable que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Notons que le thème relatif aux données personnelles vient à point nommé à un moment où les procès pour délit de presse se font récurrents.
C’est dans une ambiance empreinte de courtoisie que le rideau s’est refermé sur cette journée. Vivement pour une autre cérémonie de formation ou de sensibilisation des journalistes.

Souleymane KONATÉ / Duniya kibaru.net

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