Le Prix Goldman pour l’environnement récompense le combat de la française Lucie Pinson pour une finance décarbonée

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Chaque année, le prix Goldman pour l’environnement vient récompenser 6 militants de terrain issus de chaque continent pour leur engagement en faveur de la protection de la planète. Le but : inciter tout un chacun à agir. Pour le continent européen, Lucie Pinson est la lauréate 2020. Après Christine Jean en 1992 et Claire Nouvian en 2018, elle devient la troisième française à décrocher le précieux sésame. Ce prix vient saluer son travail de lobbying auprès des acteurs financiers afin qu’ils cessent d’investir dans les projets orientés vers le charbon.

Lucie Pinson, pour une finance au service du climat

Avec l’ONG Reclaim Finance qu’elle dirige et a créé, Lucie Pinson souhaite associer finance et climat. Au lieu de subventionner des énergies néfastes pour l’environnement, la finance doit être utilisée comme un outil au service de la lutte contre le dérèglement climatique.

Pour cela, Lucie Pinson n’hésite pas à se faire entendre. Blocage de sièges sociaux, achat d’actions pour prendre la parole lors d’assemblées générales, dénonciation d’entreprises sur la place publique… Mettre la pression sur les acteurs financiers n’est pas un problème si cela est nécessaire pour servir sa cause. « Mon ennemi n’est pas la finance mais le changement climatique », affirme la jeune femme dans Le Monde.

Dans le même temps, elle créé également une relation de proximité avec les acteurs du secteur afin de les accompagner vers une finance plus verte. Ainsi, elle sensibilise les banques et les gestionnaires d’actifs lors d’ateliers.

Sous sa pression, 16 groupes financiers ont promis de ne plus subventionner des entreprises ou projets tournés vers le charbon.

mine charbon Etats-Unis
Mine de charbon à ciel ouvert, Arizona, Etats-Unis.
©Yann Arthus-Bertrand
Un parcours engagé

L’engagement de Lucie Pinson en faveur de l’environnement lui vient notamment de ses études en science politique et en politique de développement. Dans leur cadre, elle étudie 2 ans en Afrique du Sud. Elle y est témoin des dommages causés par les mines à charbon sur l’être humain et l’environnement.

Au cours de ces mêmes études, elle effectue un stage au cours duquel elle participe à l’organisation de contre-sommets du G8 et du G20. Elle découvre alors le rôle joué par la finance dans le dérèglement climatique, mais également l’usage que nous pourrions en faire pour résoudre la crise.

Les 5 autres lauréats

Pour l’Afrique, Chibeze Ezekiel a été récompensé pour avoir incité le ministre de l’environnement ghanéen à renoncer au projet de la première mine à charbon du pays.

La lauréate 2020 pour les îles et les nations insulaires est Kristal Ambrose. Elle a poussé le gouvernement des Bahamas à bannir les sacs plastique à usage unique, les couverts en plastique, les pailles, et les contenants et tasses en polystyrène.

En Amérique du Nord, le prix vient récompenser le combat de Leydy Pech. Grâce à la détermination de sa coalition, Monsanto s’est vu retirer un permis permettant à la firme de cultiver des plantations OGM dans le Sud du Mexique.

Pour l’Amérique latine, le prix Goldman salue le combat judiciaire de Nemonte Nenquimo. Grâce à elle, des hectares de forêt amazonienne sont protégés de futurs projets pétroliers par une décision de la justice équatorienne.

Enfin, pour l’Asie, Paul Sein Twa a reçu le prix pour avoir permis la création d’une aire protégée en collaboration avec le peuple Karen au Myanmar

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