QU’EN EST-IL DU DRONE MALIBA DE NOTRE COMPATRIOTE MOUSSA DIARRA DIT ZEGUE ?

0
474

Moussa Diarra dit Zégué, avait suscité à la fois l’admiration nationale et la fierté lorsqu’il a conçu son drone multifonctionnel  baptisé Maliba. Depuis les maliens n’ont plus aucune nouvelle de lui ni le sort que les autorités ont réservé à cette invention hautement salutaire à plus d’un titre dans un pays où les attaques sont légions et où l’insécurité est en pleine effervescence aux quatre points cardinaux.

Faut-il le rappeler, Moussa Diarra dit Zégué, ce jeune compatriote malien, étudiant en Algérie,  avait suscité beaucoup d’espoirs avec cette trouvaille qui est en réalité un véritable joyau pour toute armée. En plus, son drone a le mérite d’être multifonctionnel, donc, d’une utilité avérée dans l’armement militaire. Cependant, depuis la présentation de ce génie, pétri de talents au grand public, le citoyen malien n’en a plus entendu parler, ni de lui, encore moins de son invention.

En d’autres termes, l’opinion s’interroge sur la suite que nos autorités ont donnée à Moussa Diarra dit Zégué et son drone Maliba. Cet appareil des temps modernes, de plus en plus utilisé par les armées pour détecter, suivre et traquer les mouvements de l’ennemie ou tout autre individu suspect, se présente aujourd’hui comme une arme de défense ou d’attaque de dernière génération très prisée. L’occasion était pourtant très belle et la circonstance favorable pour nos FAMAS, c’est-à-dire l’armée malienne, de s’équiper en drone dans ce contexte d’insécurité généralisée que vit au quotidien notre pays, d’autant plus que ce drone Maliba était presque gracieusement à portée de main. En effet, faute d’avions militaires, dignes de ce nom, en dépit de sommes faramineuses déboursées à propos,  le drone Maliba de notre compatriote,  aurait pu jouer un rôle prépondérant dans la prévention des nombreuses attaques, notamment au centre, qui se sont soldés parfois, par de véritables carnages,  au sein de nos populations civiles et militaires dont nous pleurons encore les morts.

Aussi, face à cette situation incompréhensible, une seule question trotte à l’esprit des maliens et qui s’exprime en ces termes : « Pourquoi notre armée qui est sous-équipée et très vulnérable ne s’approprie – t- elle pas du drone Maliba ? De toute évidence, sous d’autres cieux, la licence d’exploitation de cet appareil conçu par Moussa Diarra dit Zégué aurait été rachetée et mise à la disposition de l’armée, en des temps difficiles comme c’est le cas au Mali. Cela aurait eu le double mérite non seulement de valoriser un compatriote mais aussi un produit local. Mais au lieu de cela, Moussa DIARRA et son invention ont été méprisés voire vilipendés par les siens. Encore une fois, nos autorités ratent l’occasion d’exprimer leur patriotisme, longtemps sacrifié sur l’autel du monopole, du favoritisme et du profit personnel. Evidemment, rompus dans l’art de la chose officieuse, certains de nos décideurs ne comprennent que le langage de la passation de marchés, en toute clandestinité, assortie d’avantages individuels et égoïstes au détriment de la communauté.

L’exploitation ou le rachat du brevet d’invention de notre compatriote Zégué, par nos autorités en la matière, aurait certainement interrompu toutes les voies traditionnelles frauduleuses d’approvisionnement de ce type d’équipement militaire qu’est le drone, et donc d’aller contre les intérêts partisans de certains. Sinon rien ne justifie cette impertinente indifférence face à cet indispensable outil militaire qui ne pouvait qu’être bénéfique à notre armée en de pareils moments. Décidément la promotion de l’excellence dont semble faire une priorité les dirigeants n’existe que pour saper les apparences.

Autrement, le cas d’invention du drone Maliba devait être l’occasion toute trouvée pour célébrer le mérite et encourager la culture de l’excellence dont on tympanise à longueur de journée le citoyen malien. Dire que le ministre de l’éducation, à l’occasion de la célébration des élèves méritants du camp d’excellence 2019, s’inquiétait du fait que de nombreux bénéficiaires de ces bourses d’État attribués à l’occasion ne revenaient pas après leur formation. Monsieur le ministre trouvera certainement sa réponse ici en se rendant à l’évidence que si la plupart de nos élèves excellents bardés de diplômes sont réticents à signer leur retour au bercail, à la mère patrie, cela se justifie par le fait que rien n’est entrepris pour les motiver à revenir. C’est dire que le tout n’est pas de promouvoir des bourses d’excellence mais surtout de permettre ou favoriser l’intégration effective des excellents déjà formés ailleurs.  

Cette situation se constate surtout dans le domaine du football où de nombreux joueurs maliens de talent à l’effigie de Ngolo KANTÉ ont préféré se tourner vers d’autres pays quitte à changer de nationalité, où leur talent sera valorisé. Il ne s’agit pas là d’une option souhaitable mais l’acte pourrait bénéficier d’une certaine légitimité si l’on analyse, un tant soit peu, les déceptions enregistrées sur le terrain.  En la matière, nos dirigeants agissent comme s’il était question d’empêcher que la relève soit assurée par la nouvelle génération à qui on doit donner l’occasion de déployer ses ailes conquérantes en faveur du changement véritable. Cependant, l’attitude rétrograde, voire égocentrique émaillée de mauvaise foi de  bon nombre de nos dirigeants est de nature à contrecarrer toute envolée vers l’excellence. Il est temps que cela cesse si le Mali souhaite un jour se projeter dans le concert des nations émergentes.

Mohamed TRAORE/DuniyaKibaru.net

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici