CRISE POST-ÉLECTORALE EN CÔTE D’IVOIRE : UN COLLECTIF D’AVOCATS AU CHEVET DE L’OPPOSITION

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Au lendemain de la proclamation des résultats des élections présidentielles en Côte d’Ivoire et la victoire annoncée d’Alassane Dramane OUATTARA, l’opposition s’est empressée de mettre en place un Conseil National de Transition. Les autorités ivoiriennes, face à cette situation qu’elles considèrent comme troubles graves à l’ordre public, ont pris des mesures préventives à leur encontre.

Après la proclamation des résultats issus des élections présidentielles, en Côte d’Ivoire, donnant vainqueur le candidat sortant à sa propre succession, ADO, avec 94,27% des voix, l’opposition a aussitôt réagi par la mise en place d’un Conseil National de Transition.
Suite à cet état de fait, que le pouvoir ivoirien considère comme étant des actes de nature à semer le trouble et le chao, des mesures, qualifiées de préventives, ont été prises. En effet, les forces de l’ordre avaient été dépêchées pour encercler le domicile des principaux opposants, à savoir : Henry Konan BEDIÉ, Pascal Affi N’GUESSAN, Albert Mabri TOIKEUSE, Maurice Kakou GUIKAHUÉ.
Face à cette réaction du régime en place, un collectif d’avocats s’est constitué afin de dénoncer selon lui, des mesures illégales de la part des autorités ivoiriennes. Les avocats, des opposants en résidence surveillée, fondent leurs arguments sur le fait que BEDIÉ est un ancien chef d’État et que seul le procureur peut prendre à son encontre de telles mesures. Quant à Maurice Kakou GUIKAHUÉ, le même collectif, affecté à sa défense, trouve qu’il bénéficie de l’immunité parlementaire.
En tout cas, dans ce nouveau bras de fer, mettant aux prises, autorités et opposants, chacun revendique être dans la légitimité de ses actions. Une chose est certaine, le régime ivoirien qui a l’obligation de garantir l’ordre et la stabilité ne saurait cautionner un pouvoir parallèle à lui, constitué de surcroît d’opposants ne reconnaissant pas son autorité. En plus, il faut noter que la communauté internationale, à l’instar de l’UA, la CEDEAO, l’UE, et l’ONU qui sont favorables aux résultats de ces élections, appellent les détracteurs du scrutin à respecter l’ordre constitutionnel.
Rappelons que cette opposition avait, non seulement, refusé de participer aux élections mais avait aussi ordonné à ses militants le boycott actif de celles-ci, occasionnant de nombreuses victimes. C’’est donc dire que si le CNT, dirigé par BEDIÉ, se consolidait, cela rendrait le pouvoir d’ADO ingouvernable et plongerait à coup sûr le fonctionnement du pays au ralenti.
À travers ces mesures dites préventives, le régime en place a certainement anticipé quant au schéma stratégique de l’opposition pour éviter que l’on ne s’achemine vers le scénario macabre de la crise post- électorale de 2010 qui semble imminent et dont les blessures peinent encore à cicatriser.
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru.net

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