LE MALI VA-T-IL SE RÉSOUDRE À FAIRE LIBÉRER SŒUR GLORIA CÉCILIA ET D’AUTRES OTAGES AU MÊME SACRIFICE ?

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Les nouvelles autorités maliennes ont, récemment, fait libérer les otages Soumaila CISSÉ, Sophie PETRONIN ainsi que les deux italiens. Ces libérations ont été obtenues au prix de grands sacrifices pour le pays. Seulement ces derniers temps, d’autres otages signalés, non des moindres, demeurent encore en captivité, aux mains de terroristes. Et, déjà, des voix s’élèvent pour leur libération. Cette situation se présente comme un nouveau challenge pour le Mali.

Le Mali n’est, décidément, pas encore sorti de l’auberge avec ces sombres épisodes de prises d’otages en cascade, dans un pays en proie au terrorisme. En effet, aussitôt après avoir libéré Soumaila CISSÉ, Sophie PETRONIN et les deux otages italiens, que déjà un autre défi de prise d’otage se présente à lui. Il s’agit de la mobilisation actuelle en faveur de la libération de la colombienne, sœur GLORIA Cecilia, une autre humanitaire au service de l’enfance. Elle fait aujourd’hui partie des cinq otages occidentaux au sahel. Rappelons que sœur GLORIA avait été la compagne de captivité de la française Sophie PETRONIN. Et c’est d’ailleurs cette dernière qui avait évoqué le cas de l’humaniste colombienne au Président français, Emmanuel MACRON, après sa libération. En plus de sœur de GLORIA, il faut dire qu’une vingtaine de maliens sont également retenus en captivité.
De nombreuses voix s’élèvent déjà pour réclamer la mise en liberté de tous ces otages, à l’instar de l’archevêque de Bamako. Dans une prière, récemment dirigée par Monseigneur Jean ZERBO, les fidèles imploraient qu’elle soit libérée ainsi que tous les otages avec elle. À ce sujet, la question qui taraude l’esprit du citoyen lambda malien est celle de savoir si les autorités se prêteront au même marchandage que celui de la libération de Soumaïla CISSÉ, Sophie PETRONIN et les deux otages italiens. Il faut noter que les dirigeants de la transition avaient engagé le pays dans une voie sans issue qui a consisté à échanger quelques otages contre de dangereux présumés terroristes.
Cette opération, périlleuse au plus haut point, pour les populations maliennes, favorise les preneurs d’otage à telle enseigne qu’elle encourage cette pratique malsaine. S’il est vrai que notre pays est résolument engagé dans la lutte contre le terrorisme, ce système qui consiste à utiliser les prisonniers comme monnaie d’échange, est de nature à anéantir les efforts dans ce sens.
Par ailleurs, ce mode de négociation qui aboutit à relâcher de dangereux criminels sans foi ni loi, dans la nature, coûte à nos populations le sacrifice ultime comme l’attestent les récents évènements à Sokoura. En effet, dans cette localité du centre, proche de la frontière avec le Burkina Faso, 13 de nos FAMAs ainsi que 12 civils ont déjà trouvé la mort, dans une embuscade tendue par ces djihadistes qui y pullulent.
Serait-il exagéré d’établir un lien entre ces attaques et les conditions de libération de nos otages récemment libérés ? En tout cas, dans les sondages au sein de l’opinion, ils sont nombreux à considérer cet acte aussi lâche que barbare comme étant la résultante des plus de deux cent présumés djihadistes libérés contre une poignée d’otages.
Cette situation doit interpeller nos autorités quant à leur mode de négociation dans le cadre de libération d’otages. S’il est vrai qu’obtenir la remise en liberté de nos compatriotes ainsi que des étrangers servant chez nous reste un idéal, cela ne doit en rien occulter le fait que la lutte contre le terrorisme exige également d’énormes sacrifices. Cela exige souvent de radicales et courageuses prises de décision.
En d’autres termes, faire en sorte que la libération de quelques personnes ne coûte après la vie à des dizaines d’autres.
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru. net

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