ÉDITO: MAMADOU SISSOKO, PROFESSEUR D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, À PROPOS DE LA CRISE SÉCURITAIRE AU MALI: »LA SÉCURITÉ PRÉCÈDE TOUTE IDÉE DE RÉFORME INSTITUTIONNELLE, D’ÉLECTIONS CRÉDIBLES ».

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Le combat contre l’insécurité au Mali, est aujourd’hui la priorité des priorités. Sans sécurité, il est difficile d’entreprendre des réformes politiques et institutionnelles, d’organiser des élections crédibles. Après le pain, le second besoin de l’homme est la sécurité, a t- on coutume de dire. C’est pour quoi, assurer la sécurité des personnes et leurs biens, constitue un devoir régalien de tout État digne de ce nom.
Mais depuis 2012, l’insécurité s’installe au Mali. Elle devient de plus en plus un phénomène endémique et se propage dans tout le pays. À l’origine de cette insécurité grandissante, des groupes terroristes armés ( AQMI, Almour abitoune, Groupe de Soutien à l’Islamisme et aux Musulmans, État Islamique dans le Grand Sahara, Ansarul Islam, Ancardine, la Katiba Macina, etc…) et des bandits armés déguisés en terroristes.
Ces groupes terroristes et bandits armés dispersés un peu partout dans le pays, s’attaquent au quotidien, aux paisibles citoyens, aux forces armées et de sécurité, aux symboles de l’État comme la justice, les écoles, les centres de santé, les mairies, etc… L’ampleur des violences terroristes dans le nord et au centre du Mali, est alarmante, et aucune enquête pour identifier et punir les auteurs, a déclaré la directrice d’Amnistie Internationale au Mali dans son rapport de 2020.
Le phénomène de l’insécurité, créé et entretenu par les groupes terroristes au Mali, a mobilisé le monde entier. Aujourd’hui on enregistre la présence de plusieurs forces étrangères dans notre pays : les forces françaises barkane, les forces multinationales européennes Ta Kuba, la MINUSMA, le G5 Sahel. Malgré la présence de toutes ces forces aux côtés des FAMA, l’insécurité au Mali s’accentue. Des villages entiers détruits et brûlés avec vivres, bétails, populations. Des villages assiégés et encerclés pendant des jours. Tout cela se passe sous l’œil vigilant et avec l’indifférence totale des forces sur le terrain.
À présent, certaines parties des régions de Ségou, Mopti, Tombouctou,Gao, Menaka, Taoudenit souffrent encore de l’absence de l’État. Plus de la moitié du territoire national échappe au contrôle de l’État malien. Selon une enquête de l’U.N.I.CE.F-Mali, en 2018, plus de 900 écoles sont fermées en raison de l’insécurité dans le nord et le centre du Mali, et près de 25.000 enfants se voient refuser le droit à l’éducation.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, peut-on organiser des élections crédibles dans ces conditions ? Les forces étrangères présentes au Mali, sont elles là pour combattre ou pour entretenir le terrorisme ? Quel intérêt tire t-on de leur présence sur notre sol? Que faire pour sortir de cette crise sécuritaire ? Pour assurer la sécurité de notre pays, doit on compter sur d’autres pays ou sur nous mêmes ? La réponse à ces questions doit être une préoccupation majeure pour les nouvelles autorités, si elles sont soucieuses du développement du Mali. La sécurité précède toute idée de réforme institutionnelle, d’élections crédibles.
Mamadou SISSOKO, Professeur d’enseignement supérieur/Duniya kibaru.net

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