LA LITTÉRATURE MALIENNE EST EN MARCHE : ENCORE UN NOUVEAU BÉBÉ DANS LES LIBRAIRIES ET BIBLIOTHÈQUES DU MALI.

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C’est dans l’amphithéâtre Thierno Bocar, à la bibliothèque nationale de Bamako, qu’a eu lieu, ce samedi 11 janvier 2020, aux environs de 17 h, en présence de nombreux invités, le baptême du premier roman intitulé « DIOUNGOU  » de l’écrivain malien Abdoulaye Modibo SOW.

Pour toute biographie, rappelons qu’Abdoulaye Modibo SOW est né le 03 octobre 1978 à Mopti, dans la commune de « OURO-GUIRÉ « , cercle de Ténenkou. Il est un pur fruit de l’École des Sous-officiers de la Gendarmerie Nationale et de l’École Militaire Interarmes de Koulikoro. Ambitieux et studieux, il est admis, en février 2005, à l’Institut National de Formation Judiciaire, d’où il décroche le prestigieux titre de magistrat militaire. Fort de toutes ces formations, il participera à des missions internationales, dans le domaine du maintien de la paix, au sein de la mission des nations unies, pour la stabilisation en Haïti, de 2013 à 2016. Enfin, ce féru de littérature est, actuellement, Officier Supérieur en poste, à la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale.
À propos de l’œuvre, notons que « DIOUNGOU » est son tout premier roman, écrit en 100 pages, reparti en 37 chapitres, édité à Innov Éditions et préfacé par Abderhamane CISSÉ, Directeur général des collectivités territoriales et Chevalier de l’ordre national.
Le titre du roman « Dioungou », qui est une déformation du mot DIOUNGA, en langue songhaï, signifiant la «bosse de bœuf» , au sens dénoté du lexique, désigne un enfant excessivement dorloté par ses parents, au point d’en faire, selon le romancier, un fainéant notoire. Parlant de l’œuvre, elle-même, c’est dans un style assez singulier, suscitant l’admiration, que notre auteur, à la plume d’or, relate l’histoire de DIOUNGOU.
C’est en réalité un chef-d’œuvre qui retrace le souvenir juvénile. En effet, il plonge le lecteur dans une pensée rétrospective, relative à son adolescence. Par ailleurs, l’ouvrage, qui peint le « quotidien et les réalités de la vie en milieu traditionnel », est un véritable réquisitoire face à la perte des valeurs culturelles. À titre illustratif, il se réfère à un jeu appelé « TOUGOUM TOUGOUM » qui, au-delà de son côté divertissant, était considéré comme une initiation de camouflage, destiné aux adolescents. L’utilité de cette pratique traditionnelle résidait au fait qu’elle leur permettait de se cacher et se sauver en cas d’un danger. Autant l’exercice était un moyen efficace de se camoufler, de même, l’on s’en servait pour dénicher ou repérer rapidement l’ennemi. Ainsi, c’est l’abandon de tous ces enseignements ancestraux, combien précieux, que l’auteur déplore, avec l’évolution de la société et la démission des parents.
D’ailleurs, cette triste réalité, savamment exposée dans le roman, inspirera un des intervenants dans le public, abordant dans le même sens. Il a suggéré que soit proposé au gouvernement de mettre en place une politique qui consistera à répertorier les jeux traditionnels pour la future génération. Cependant, il regretta toutefois, qu’en la matière, ce riche patrimoine, dont dispose le Mali, ne soit pas mis à la disposition de la jeunesse. C’est avec une galanterie hors pair, doublée d’éloquence, qu’Abdoulaye Modibo SOW a rendu hommage à la femme, celle qui fonde une société et qui en est la gardienne. Pour montrer la supériorité de la femme sur l’homme, dans son intervention, l’auteur déclare : « Il faut respecter les femmes et les mettre devant tout ce qu’on fait ».
Par ailleurs, en utilisant son génie littéraire, M. SOW démontra la différence entre l’homme et la femme en ces termes « adultes mâles » « adultes femmes ». Aussi, l’auteur exhorte la jeunesse à aller chercher à mieux appréhender la religion musulmane, car selon lui, les jeunes pratiquent une religion qu’ils ne maîtrisent pas ; d’où leur ignorance en la matière.
Il évoqua également le thème de l’éducation des jeunes filles dans sa tradition. Selon lui, depuis le bas âge, les jeunes filles apprennent à regarder différemment des personnes adultes, c’est-à-dire des parents, des aînés et des camarades d’âge et qu’elles doivent faire attention à tout ce qu’elles font. Pour cela, l’écrivain dira dans son livre : « Aujourd’hui, la marraine apprend aux jeunes filles les attitudes qu’elles doivent adopter dans la rue. Quand elles croisent un jeune garçon du même âge, un aîné ou une personne âgée ».
Quant au préfacier du livre, M. Abdrhamane CISSÉ, il incite les jeunes à travailler, à se soustraire de la passivité et surtout à éviter d’être des « DIOUNGOU », en ces termes : « Ce n’est pas un beau jour qu’on se réveille et qu’on devient riche. La richesse, elle se construit ». À propos, il se montra très élogieux quant à la personnalité de son auteur dont il loua tout le génie et vanta les qualités par ces affirmations : « Il n’est pas donné à tout le monde d’écrire comme Seydou BADIAN ou Victor HUGO. Abdoulaye Modibo SOW est notre Seydou BADIAN, notre Victor HUGO. ». Quant à l’auteur lui-même, il avoue être influencé par un grand monument de la littérature malienne, feu Seydou BADIAN, avec son célèbre roman intitulé « Sous L’Orage ».
Il faut reconnaitre que le roman « DIOUNGOU », véritable délice spirituel, aborde avec acuité et une aisance décapante, des thèmes variés, aussi intéressants les uns que les autres, à savoir : l’éducation, le mariage, le travail, l’excision et bien d’autres. Il ne serait, donc, pas exagéré de dire que l’ouvrage, eut égard aux tares de la société dont il se fait les échos, mérite d’être lu et étudié dans les écoles. Le livre, vendu pour la modique somme de 5000 FCFA, est disponible dans les librairies et à Innov-Editions.
Le nouvel écrivain et non moins talentueux, Abdoulaye Modibo SOW, a remercié tous ceux qui se sont déplacés pour le lancement de son livre, précisément, le modérateur, Robert DISSA, Journaliste à Africable, ses parents, ami(e)s et surtout la presse.
Nous souhaitons une très bonne carrière d’écrivain à M. Abdoulaye Modibo SOW pour ce joyau légué à la postérité et surtout pour sa contribution, hautement salutaire, pour le bien-être de la littérature au Mali.
Ousmane AMBANA, journaliste stagiaire/ Duniya kibaru.net

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