DU FÉMINISME À LA PERTE DE L’HUMANISME !

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La quête acharnée et parfois même démesurée de la liberté de la femme à travers le concept du féminisme n’est pas sans conséquences pour l’équilibre de nos sociétés. En effet, ce combat est parfois mené au mépris des réalités socio-culturelles des peuples, conduisant, le plus souvent, à de dangereuses mutations sociales.

Au début tout comme aujourd’hui encore, le féminisme a été perçu tel un manifeste censé non seulement revendiquer mais aussi préserver les droits de la femme et lui octroyer en l’occurrence certaines libertés qui, dit-on, lui étaient longtemps ignorées ou pire, refusées : droit au vote, droit au travail, droit à l’éducation… Par le temps, cette lutte a dévié de sa trajectoire pour emprunter un dangereux tournant qui semble obscurcir, au loin, l’horizon visé. En effet, dans ce combat acharné pour la défense des droits de la femme, une confusion évidente s’est établie entre les notions de liberté et de libertinage, comme, pour palier à la considération de la femme comme, un être inférieur à l’homme, à en juger par l’utilisation de l’expression  » le deuxième sexe ». Sur la défensive, les féministes ont utilisé plusieurs moyens pour se faire entendre : la musique, l’art, la littérature, le cinéma, pour ne citer que ceux-là.
La lutte effrénée, voire excessive, frisant même l’acharnement, d’égaler la femme à l’homme nous a fait perdre de vue certains principes d’humanité. Dans toute société, particulièrement la nôtre, les rôles sont repartis conformément à la classe d’âge et au genre. Cela implique des responsabilités personnelles. Vouloir, vaille que vaille, satisfaire aux exigences de la communauté internationale, sur les questions relatives au genre, nous assistons, au quotidien, à la dépravation de certaines de nos valeurs sociétales originelles: disparition de la puissance paternelle, fragilisation du mariage, dégradation des rapports entre parents et enfants. Et dans dans des pays tels que le Mali, le divorce représente aujourd’hui le contentieux le plus fourni, chose qui était évidemment impensable bien avant l’avènement de la promotion des droits de la femme, fortement médiatisée. Ce qui explique, sans ambages, le fait que le nombre de cas de violence, basée sur le genre, ait connu une recrudescence ces dernières années.
A propos, des luttes, de plus en plus intensives, sont engagées, au nom des femmes, en vue d’ une condition de vie meilleure pour elles en passant par une égalité inconditionnelle entre les sexes. Selon bon nombre d’observateurs, cette lutte s’apparente à une cause perdue d’avance. Considérant que, travestir l’ordre naturel des choses, soit l’apanage de notre monde, comment expliquer donc l’opposition naturelle entre l’ homme et la femme ? Répondre à cette question nous amènera, sans doute, à résoudre une équation des plus complexe. Quant aux femmes, elles-mêmes, luttent-elles, toutes, pour la même cause ?
Nous semblons, de toute évidence, être en face d’une situation dans laquelle les intérêts diffèrent. En des termes plus clairs, le féminisme occidental est diamétralement opposé au féminisme oriental et africain. Chaque société présente des problèmes et des réalités qui lui sont propres et par la même occasion les remèdes spécifiques adaptés en guise de solution à ses troubles. Pour cela, il serait inapproprié, absurde, voire prétentieux de vouloir résoudre ou avoir une formule identique pour nos difficultés. Par ailleurs, si pour l’Occident, qui se veut grand champion du féminisme, la priorité est la revendication de certains actes tels la légalisation de l’avortement ou l’autorisation du divorce pour les femmes, pour la pauvre africaine, subvenir à ses besoins les plus élémentaires tout en demeurant dans son rôle d’épouse consciente des réalités de son milieu socioculturel, reste le combat de tous les jours. Tout le reste ne peut-être que superflu à ses yeux.
Enfin, l’africaine, en considération des réalités de sa société, doit avoir une autre conception du féminisme et celle-ci doit se résumer pour elle, à relever le challenge de l’exploitation, l’oppression, l’humiliation de la femme par la femme d’une part et d’autre part, se battre pour l’égalité entre les femmes. Mieux que de s’attaquer aux hommes comme seule et unique cible dans un combat presque perdu d’avance.
Chaka KEITA (Lawalé)/duniyaKibaru.net

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